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L'Opep+ annonce une nouvelle hausse de sa production de pétrole mais elle sera impossible à mettre en oeuvre

Economie · · Par Julie MOREAU

L'Opep+ annonce une nouvelle hausse de sa production de pétrole mais elle sera impossible à mettre en oeuvre

# L’Opep+ annonce une hausse de production impossible à concrétiser tant que le détroit d’Ormuz reste bloqué L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et

# L’Opep+ annonce une hausse de production impossible à concrétiser tant que le détroit d’Ormuz reste bloqué L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) a annoncé dimanche, lors d’une réunion en ligne, une nouvelle augmentation de ses quotas de production pour le mois de juillet, à hauteur de 188.000 barils par jour. Pourtant, cette décision, qui s’inscrit dans un revirement stratégique entamé en avril 2025, se heurte à une réalité géopolitique majeure : le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui empêche de fait l’acheminement des barils supplémentaires vers le marché mondial. ## Une hausse symbolique dans un contexte de tensions régionales Sept des 21 pays membres de l’Opep+ — l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman — ont pris la décision collective d’ajuster leur production de 188.000 barils par jour pour le mois de juillet, selon un communiqué publié sur le site officiel du groupe. Ce volume est similaire aux hausses des mois précédents, marquant une inflexion progressive après une période de restrictions volontaires. En 2023, le cartel avait en effet lutté contre la baisse des cours du brut en réduisant volontairement sa production. À partir d’avril 2025, il a amorcé un mouvement inverse, injectant graduellement des barils supplémentaires sur le marché. Ce revirement visait à répondre à une demande mondiale jugée soutenue, mais également à tenter de stabiliser des prix soumis à de fortes pressions géopolitiques. Cependant, comme le souligne Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, cette nouvelle annonce « ne veut pas dire grand-chose tant que le détroit d’Ormuz reste fermé ». Les capacités de production inexploitées sont en effet concentrées dans les pays du Golfe, dont les exportations ont été drastiquement réduites par le blocus iranien, orchestré depuis le début du conflit au Moyen-Orient. ## Un blocage qui paralyse les exportations des pays du Golfe Le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un tiers du pétrole mondial transporté par voie maritime, est actuellement sous contrôle partiel de l’Iran. Depuis l’escalade des hostilités régionales, Téhéran a restreint le passage des navires, affectant directement les exportations des monarchies du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis. Les chiffres de l’Opep+ sont éloquents : la production totale du groupe est tombée de près de dix millions de barils par jour entre février et avril 2025. Cette chute spectaculaire s’explique en grande partie par l’impossibilité pour les pays du Golfe d’exporter leurs volumes théoriques, malgré des capacités de production intactes. Le blocage d’Ormuz a ainsi transformé une surabondance potentielle en pénurie réelle sur certains marchés. Dans ce contexte, l’annonce d’une hausse des quotas apparaît davantage comme un signal politique qu’une mesure opérationnelle. Les membres de l’Opep+ affirment agir « dans le cadre de leur engagement collectif en faveur de la stabilité du marché pétrolier », mais les analystes doutent de l’efficacité réelle de cette décision tant que les routes maritimes restent perturbées. ## Aucun impact immédiat sur le prix du baril Malgré cette annonce, les cours du pétrole n’ont pas enregistré de variation significative dans les heures qui ont suivi. Les marchés semblaient déjà avoir intégré l’impossibilité technique de mettre en œuvre cette hausse, comme le confirme Jorge Leon. « Le groupe ne peut pas grand-chose pour lutter contre l’instabilité du marché », résume-t-il. Par ailleurs, la Russie, autre poids lourd de l’Opep+, voit ses installations pétrolières régulièrement ciblées par des attaques de drones, ce qui réduit également sa capacité à honorer ses engagements de production. Moscou, qui avait déjà du mal à respecter ses quotas avant le conflit, se trouve aujourd’hui dans une position encore plus délicate. Les perspectives pour juillet restent donc incertaines. Si le blocage du détroit d’Ormuz persiste, la hausse annoncée restera lettre morte, et les prix du brut pourraient continuer à fluctuer sous l’effet des tensions géopolitiques. L’Opep+ devra alors trouver d’autres leviers pour tenter de stabiliser un marché pétrolier sous pression, entre guerre au Moyen-Orient et sanctions internationales.