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L'ombre du virus Shamonda plane sur les élevages bovins dans plus de 40 départements

Economie · · Par Julie MOREAU

L'ombre du virus Shamonda plane sur les élevages bovins dans plus de 40 départements

## Le virus Shamonda gagne du terrain dans les élevages bovins français Un nouveau front sanitaire s'ouvre pour la filière bovine française. Selon les informati

## Le virus Shamonda gagne du terrain dans les élevages bovins français Un nouveau front sanitaire s'ouvre pour la filière bovine française. Selon les informations rapportées par BFM Business, le virus Shamonda, détecté pour la première fois en Suisse, s'est depuis propagé dans les élevages de 41 départements métropolitains. La dynamique, enclenchée au mois de juillet, place les éleveurs face à une menace dont les contours cliniques restent partiellement inconnus. ## Une propagation rapide depuis juillet La carte des territoires touchés s'étend désormais bien au-delà des zones frontalières. Les départements bretons figurent parmi les premiers concernés, aux côtés du Calvados, de la Haute-Garonne, des Hautes-Alpes, de la Loire, de la Loire-Atlantique, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, du Rhône et de la Haute-Savoie. Cette dispersion géographique, qui couvre aussi bien le Grand Ouest que l'Est, le Sud-Ouest et le Centre-Est, témoigne d'une circulation active du pathogène sur le territoire. Elle intervient après les vagues successives de contaminations liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui avaient déjà éprouvé les exploitations françaises ces dernières saisons. ## Dans le Doubs, 450 avortements recensés Le Doubs, en Bourgogne-Franche-Comté, illustre de manière spectaculaire l'impact reproductif du virus. Selon les confrères de France 3 Bourgogne-Franche-Comté, les éleveurs du département ont été contraints de pratiquer 450 avortements de vaches. Ce volume représente trois fois plus de cas que lors des années précédentes. Un signal fort, alors que la période de gestation constitue un moment de vulnérabilité particulier pour les troupeaux. ## Diarrhées, baisse de lactation et troubles de la reproduction Sur le plan clinique, l'infection se manifeste par des diarrhées, une diminution de la production laitière et des troubles de la reproduction. Ces symptômes, pris isolément, peuvent être confondus avec d'autres pathologies bovines courantes. Leur combinaison, en revanche, oriente les vétérinaires vers une recherche spécifique du virus. La baisse de lactation constitue un enjeu économique direct pour les exploitations laitières, déjà soumises à des contraintes de marché. Les troubles reproductifs, quant à eux, pèsent sur la démographie des cheptels et sur la planification des naissances. ## Le précédent Schmallenberg en ligne de mire Le ministère de l'Agriculture met en garde contre une évolution possible du tableau clinique. « Une seconde phase clinique pourrait apparaître si l'infection a lieu sur une femelle gestante provoquant des avortements et d'importantes malformations fœtales comme pour la maladie de Schmallenberg », avertit le ministère. Le parallèle avec Schmallenberg n'est pas anodin : ce virus, apparu en Europe du Nord au début des années 2010, avait provoqué des malformations sévères chez les veaux nouveau-nés, avec des conséquences durables sur les élevages touchés. ## Des éleveurs face à l'incertitude Sur le terrain, les éleveurs constatent déjà les effets concrets de l'infection. « Des vaches que l'on pensait gestantes reviennent en chaleur. Cela signifie qu'elles ne portent plus », rapporte auprès de La Dépêche du Midi Lionel Malfroy, éleveur à Sainte-Colombe et président du groupe de défense sanitaire du Doubs. Ce témoignage illustre la difficulté à mesurer l'ampleur réelle des pertes, les avortements précoces pouvant passer inaperçus avant un retour en chaleur inexpliqué. ## Un suivi sanitaire à consolider La progression du virus dans plus de 40 départements en quelques semaines soulève des questions sur les moyens de surveillance et de diagnostic déployés. La détection initiale en Suisse suggère une circulation transfrontalière que les dispositifs nationaux peinent à anticiper. Pour les filières bovines, l'enjeu immédiat réside dans l'évaluation précise de la prévalence et dans la mise en place de protocoles adaptés. La comparaison avec Schmallenberg invite à la prudence : ce type de virus peut révéler ses effets les plus graves plusieurs mois après les premières contaminations, au moment des mises bas. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer si Shamonda suit la même trajectoire.