L’Iran l’a sorti du couloir de la mort pour le mettre au cœur du détroit d’Ormuz: qui est Babak Zanjani, ce milliardaire qui aide le régime à contourner les sanctions?

L'Iran a sorti Babak Zanjani du couloir de la mort pour le replacer au cœur d'un dispositif stratégique : le détroit d'Ormuz, point de passage d'environ 20 % du
L'Iran a sorti Babak Zanjani du couloir de la mort pour le replacer au cœur d'un dispositif stratégique : le détroit d'Ormuz, point de passage d'environ 20 % du pétrole mondial. Selon les informations relayées par BFM Business, cet homme d'affaires quinquagénaire, autrefois condamné à mort pour détournement de fonds, serait aujourd'hui accusé par Washington d'avoir repris du service pour le compte du régime iranien et des Gardiens de la Révolution.
## Une ascension fulgurante dans les années 2010
Ancien vendeur de peaux de moutons issu des quartiers populaires de Téhéran, Babak Zanjani a bâti une fortune colossale en aidant le régime iranien à contourner les sanctions occidentales. À l'époque, il facilitait notamment la vente du pétrole des Gardiens de la Révolution, malgré les restrictions imposées par les États-Unis et l'Union européenne. Cette activité lui a permis de devenir l'un des hommes les plus riches d'Iran, avant que sa chute ne soit aussi spectaculaire que son ascension.
## La disgrâce et la condamnation à mort
En 2016, Babak Zanjani est condamné à mort pour avoir détourné l'équivalent de 2,5 milliards d'euros, selon les éléments rapportés par BFM Business. Il passe alors onze années derrière les barreaux, une période qui semblait sceller définitivement son sort. Sa libération soudaine, fin 2024, a surpris de nombreux observateurs. Officiellement, sa peine a été commuée après le remboursement complet de ses dettes — une justification que Washington conteste fermement.
## Les accusations américaines et le retour en grâce
Le Trésor américain, cité par BFM Business, affirme que Zanjani a été « libéré de prison afin de blanchir de l'argent pour le régime ». Selon cette même source, il aurait financé d'importants projets soutenant le Corps des gardiens de la révolution islamique et, plus largement, le régime iranien. Dès janvier dernier, avant même le début de la guerre, Washington pointait déjà du doigt son rôle présumé. Une note plus récente du Trésor insiste sur la mise en place, dès 2025, d'un réseau de sociétés d'actifs numériques destiné notamment au blanchiment d'argent pour le compte des Gardiens de la révolution, parallèlement à des projets d'infrastructures et de transport de grande envergure.
## Le détroit d'Ormuz au cœur des enjeux
Les autorités américaines voient également la main de Babak Zanjani derrière les « frais de péage » que l'Iran souhaite prélever dans le détroit d'Ormuz, selon BFM Business. Ce passage maritime stratégique concentre une part majeure du commerce pétrolier mondial. L'implication présumée de Zanjani dans ce dispositif illustre la manière dont Téhéran mobilise des réseaux économiques opaques pour compenser les effets des sanctions internationales. Lui nie ces accusations.
## Un symbole des stratégies de contournement
Le parcours de Babak Zanjani résume à lui seul les mécanismes de contournement des sanctions mis en place par l'Iran depuis plus d'une décennie : recours à des intermédiaires, opacité financière, diversification vers les actifs numériques. Washington multiplie désormais les sanctions contre lui, signe que son retour sur la scène économique iranienne est perçu comme une menace directe. Reste à savoir si cette pression accrue suffira à neutraliser un réseau qui, selon les autorités américaines, continue de fonctionner.