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L’interpellation d’un chef de la DZ Mafia en Algérie relance la coopération judiciaire entre Alger et Paris

Une · · Par Claire BERNARD

L’interpellation d’un chef de la DZ Mafia en Algérie relance la coopération judiciaire entre Alger et Paris

L’arrestation fin juillet en Algérie de Mehdi Laribi, cofondateur de la DZ Mafia, marque un développement significatif dans la lutte contre le narcotrafic marse

L’arrestation fin juillet en Algérie de Mehdi Laribi, cofondateur de la DZ Mafia, marque un développement significatif dans la lutte contre le narcotrafic marseillais. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* et confirmées par des sources judiciaires, cet homme de 36 ans, originaire du quartier de Bassens dans le 15e arrondissement de Marseille, a été placé sous contrôle judiciaire par les autorités algériennes. Cette interpellation relance les discussions sur la coopération judiciaire entre Alger et Paris, notamment autour de la question sensible de l’extradition. ## Un parcours criminel ancré dans le paysage marseillais Mehdi Laribi, également connu sous le surnom « Tic », a bâti avec son frère Lamine une organisation criminelle qui a longtemps dominé le trafic de stupéfiants dans les cités de Bassens et de La Paternelle. D’après les éléments rapportés par la presse nationale, les deux frères ont été condamnés en 2015 pour l’assassinat de trois rivaux. Lamine Laribi, qui avait été défendu par l’avocat Éric Dupond-Moretti, avait écopé de 25 ans de réclusion, tandis que Mehdi avait vu sa peine initiale réduite en appel à dix ans, la cour ne le retenant coupable que d’avoir incendié un véhicule. Libéré en 2021, Mehdi Laribi a rapidement quitté le territoire français, se rendant d’abord à Dubaï avant de s’installer en Algérie, pays dont il détient également la nationalité. Selon les enquêteurs français cités par *Le Figaro*, il se déplaçait régulièrement entre plusieurs pays, compliquant les tentatives de localisation et de capture. Son arrestation constitue donc un aboutissement pour les services d’enquête français qui le surveillaient depuis plusieurs mois. ## Une coopération judiciaire franco-algérienne sous tension L’interpellation de Mehdi Laribi intervient dans un contexte diplomatique où les relations entre la France et l’Algérie connaissent des fluctuations. La question de son extradition vers la France demeure toutefois délicate, les autorités algériennes ayant placé l’individu sous contrôle judiciaire sur leur sol. Les précédents en la matière montrent que les demandes d’extradition émanant de Paris ne sont pas systématiquement acceptées par Alger, les deux pays entretenant des relations complexes sur le plan judiciaire. Cette affaire pourrait néanmoins servir de test pour la coopération bilatérale en matière de lutte contre le crime organisé. Le narcotrafic marseillais, dont la DZ Mafia constitue l’une des principales organisations, alimente en effet des violences récurrentes dans les quartiers nord de la ville. Les autorités françaises espèrent que cette arrestation permettra de démanteler plus largement le réseau, même si les modalités juridiques d’un éventuel transfert restent à définir. ## Des implications pour la lutte contre le narcotrafic Au-delà du cas individuel, cette interpellation pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de l’organisation criminelle. Les enquêteurs français, qui poursuivent leurs investigations, pourraient exploiter les informations recueillies lors de l’arrestation pour identifier d’autres membres du réseau et cartographier plus précisément ses ramifications internationales. Selon des sources proches du dossier, Mehdi Laribi aurait conservé des liens opérationnels avec des interlocuteurs basés à Marseille, ce qui laisse entrevoir la possibilité de nouvelles interpellations. Toutefois, le sort judiciaire de Mehdi Laribi reste incertain. Le contrôle judiciaire dont il fait l’objet en Algérie pourrait déboucher sur un procès local, une extradition vers la France, ou une libération si les charges ne sont pas retenues. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer l’issue de cette affaire, qui cristallise les enjeux de la coopération judiciaire entre les deux rives de la Méditerranée.