L’interdiction des téléphones portables dans les lycées «pourra être effective dès la rentrée», annonce le gouvernement

L’interdiction des téléphones portables dans les lycées « pourra être effective dès la rentrée », la semaine prochaine, a annoncé ce lundi la porte-parole du go
L’interdiction des téléphones portables dans les lycées « pourra être effective dès la rentrée », la semaine prochaine, a annoncé ce lundi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi visant à protéger les mineurs face aux risques des réseaux sociaux, adoptée le 21 juillet dernier, et dont la promulgation a été confirmée par le président Emmanuel Macron, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel.
## Une promulgation présidentielle malgré une censure partielle
Selon des informations rapportées par Le Figaro et l’AFP, Maud Bregeon s’est exprimée devant la presse à l’issue du Conseil des ministres, indiquant que le président de la République « a pris la décision de promulguer la loi » contenant cette disposition. Le texte, qui avait été adopté par le Parlement le 21 juillet, vise principalement à encadrer l’usage des réseaux sociaux par les mineurs. Toutefois, sa mesure phare — l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans — a été censurée par le Conseil constitutionnel, ce qui n’a pas empêché la promulgation du reste du texte.
La porte-parole du gouvernement a précisé que cette interdiction de l’utilisation des téléphones portables dans les lycées pourrait donc entrer en vigueur dès la rentrée scolaire, programmée pour la semaine prochaine. Cette annonce intervient dans un contexte où la question de l’exposition des jeunes aux écrans et aux réseaux sociaux suscite un débat public soutenu, tant au niveau des institutions qu’au sein des familles.
## Un cadre légal déjà existant pour les écoles et collèges
La loi en question rappelle que « l’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève est interdite » dans les écoles, les collèges et les lycées. Cette disposition, déjà inscrite dans le Code de l’éducation depuis plusieurs années, concernait jusqu’à présent principalement les établissements du premier et du second degré. L’extension de son application aux lycées, ou du moins sa mise en œuvre effective dès cette rentrée, représenterait une évolution notable dans la gestion quotidienne des établissements scolaires.
En effet, si les collèges appliquaient déjà une interdiction stricte de l’usage des téléphones portables dans leur enceinte, les lycées bénéficiaient jusqu’ici d’une certaine souplesse, chaque établissement étant libre de définir ses propres règles. La décision gouvernementale, si elle se confirme dans les faits, pourrait donc harmoniser les pratiques à l’échelle nationale et répondre à une demande croissante des personnels éducatifs et des parents d’élèves.
## Des modalités d’application qui restent à préciser
Cependant, plusieurs questions demeurent quant aux modalités concrètes de cette interdiction. Le gouvernement n’a pas encore précisé si cette mesure concernera l’ensemble des espaces des lycées, y compris les internats et les espaces de vie, ni comment les établissements pourront faire respecter cette règle sans alourdir la charge des équipes éducatives. D’après des sources proches du dossier, des circulaires d’application devraient être adressées aux rectorats dans les prochains jours afin de guider les chefs d’établissement dans la mise en œuvre de cette nouvelle obligation.
Par ailleurs, cette annonce intervient alors que plusieurs études récentes ont mis en évidence les effets potentiellement délétères d’une utilisation intensive des écrans sur la concentration et la santé mentale des adolescents. Selon un rapport publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en 2024, le temps passé devant les écrans par les jeunes de 15 à 17 ans aurait augmenté de manière significative depuis la crise sanitaire, renforçant les arguments des partisans d’un encadrement plus strict.
## Une mesure qui pourrait être étendue à d’autres espaces
À plus long terme, cette décision pourrait ouvrir la voie à une réflexion plus large sur la place des technologies numériques dans l’environnement éducatif. Certains observateurs estiment que cette interdiction ne constitue qu’une première étape, et que des discussions pourraient s’engager sur l’usage des tablettes et ordinateurs portables en classe, dont l’utilité pédagogique est régulièrement débattue. La question de la formation des enseignants à ces nouveaux enjeux numériques pourrait également se poser dans les prochains mois.
Le calendrier retenu par l’exécutif, qui vise une application dès la rentrée prochaine, laisse toutefois peu de marge de manœuvre aux établissements pour adapter leurs règlements intérieurs et informer les familles. Les syndicats de personnels éducatifs, qui n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce, pourraient néanmoins demander des précisions sur les moyens alloués pour garantir le respect de cette mesure. La mise en œuvre effective de cette interdiction sera donc observée avec attention par l’ensemble de la communauté éducative, alors que la rentrée scolaire s’annonce déjà chargée en réformes et en ajustements organisationnels.