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L'intégrale du Débrief de la tech du jeudi 2 juillet

Economie · · Par Julie MOREAU

L'intégrale du Débrief de la tech du jeudi 2 juillet

L’intégrale du Débrief de la tech du jeudi 2 juillet : cloud, puces et régulation au cœur des débats L’émission Tech & Co, la quotidienne diffusée sur BFM Busin

L’intégrale du Débrief de la tech du jeudi 2 juillet : cloud, puces et régulation au cœur des débats

L’émission Tech & Co, la quotidienne diffusée sur BFM Business le jeudi 2 juillet, a rassemblé autour de François Sorel trois experts reconnus de la tech : Frédéric Simottel, journaliste à BFM Business, Jérôme Marin, fondateur de cafetech.fr, et Salime Nassur, fondateur de Maars. Au menu de cette édition, des annonces stratégiques majeures et des tensions géopolitiques qui redessinent les équilibres du secteur. Meta officialise son entrée dans le cloud pour rentabiliser ses investissements colossaux dans l’intelligence artificielle, tandis qu’OpenAI propose 5 % de son capital à la Maison-Blanche, un geste diplomatique inédit. Parallèlement, l’Europe se retrouve prise en étau entre la Chine et les États-Unis dans la course aux semi-conducteurs, et Apple négocie l’achat de puces mémoires à deux entreprises chinoises pourtant blacklistées par Washington. Enfin, Google écope d’une amende record de 4,1 milliards d’euros pour abus de position dominante, une décision qui pourrait faire jurisprudence.

Meta dans le cloud : une stratégie de rentabilisation de l’IA

Le premier sujet abordé par les chroniqueurs concerne le lancement de Meta dans le cloud. Selon les informations partagées lors de l’émission, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg chercherait à monétiser ses avancées en intelligence artificielle en proposant des services d’infrastructure cloud à des clients tiers. Cette décision intervient alors que Meta a investi des milliards de dollars dans le développement de ses propres modèles d’IA, notamment le célèbre Llama. Jérôme Marin a souligné que cette diversification pourrait permettre à Meta de rivaliser avec des géants comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, tout en amortissant les coûts faramineux de la recherche en IA. Frédéric Simottel a précisé que le marché du cloud reste très concentré, mais que l’arrivée de Meta pourrait redistribuer les cartes, à condition que l’entreprise parvienne à convaincre les entreprises de la fiabilité et de la performance de ses offres. Salime Nassur a ajouté que cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large : les acteurs de la tech cherchent de plus en plus à verticaliser leurs activités pour contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur, du modèle d’IA à l’infrastructure de calcul.

OpenAI offre 5 % de son capital à la Maison-Blanche

Autre annonce marquante de cette émission : OpenAI, la société derrière ChatGPT, aurait proposé de céder 5 % de son capital à la Maison-Blanche. Cette information, rapportée par les chroniqueurs, suscite de nombreuses interrogations. Pour Jérôme Marin, il s’agit d’un geste politique fort, visant à sécuriser un partenariat stratégique avec l’administration américaine dans un contexte de régulation croissante de l’IA. Frédéric Simottel a estimé que cette offre pourrait permettre à OpenAI d’obtenir un accès privilégié aux données gouvernementales et de bénéficier d’une forme de protection contre d’éventuelles restrictions réglementaires. Salime Nassur a nuancé en rappelant que la valorisation d’OpenAI est estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ce qui rendrait cette participation très onéreuse pour le contribuable américain. Les experts ont également évoqué les implications géopolitiques : en s’associant aussi étroitement avec le gouvernement américain, OpenAI risquerait de se couper de marchés étrangers, notamment chinois, où l’IA est un enjeu de souveraineté.

L’Europe prise en étau dans la guerre des puces

Le débat s’est ensuite orienté vers la situation des semi-conducteurs, où l’Europe se trouve dans une position délicate. Les chroniqueurs ont expliqué que le Vieux Continent est pris en étau entre la Chine et les États-Unis, chacun cherchant à dominer la chaîne d’approvisionnement en puces électroniques. Frédéric Simottel a rappelé que l’Union européenne a lancé le « European Chips Act » pour tenter de réduire sa dépendance, mais que les investissements restent insuffisants face aux milliards déployés par Washington et Pékin. Jérôme Marin a souligné que les entreprises européennes, comme ASML ou STMicroelectronics, sont des acteurs clés, mais qu’elles subissent les pressions des deux superpuissances. Salime Nassur a ajouté que la récente décision d’Apple de négocier l’achat de puces mémoires à deux entreprises chinoises blacklistées par les États-Unis illustre la difficulté pour les multinationales de naviguer dans ce contexte géopolitique tendu. Cette affaire, révélée lors de l’émission, met en lumière les contradictions entre les impératifs commerciaux et les restrictions imposées par Washington.

Google condamné à une amende record de 4,1 milliards d’euros

Enfin, les experts ont commenté l’amende record de 4,1 milliards d’euros infligée à Google par la Commission européenne pour abus de position dominante. Cette sanction, l’une des plus lourdes jamais prononcées dans le secteur technologique, concerne les pratiques de Google sur le marché des systèmes d’exploitation mobiles et des services de recherche. Frédéric Simottel a expliqué que Bruxelles reproche à Google d’avoir imposé des accords anticoncurrentiels aux fabricants de smartphones utilisant Android, notamment en exigeant la préinstallation de ses propres applications. Jérôme Marin a estimé que cette décision pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème numérique européen, en incitant d’autres régulateurs à suivre cet exemple. Salime Nassur a conclu en soulignant que Google a déjà annoncé son intention de faire appel, ce qui promet un long feuilleton judiciaire. Cette affaire rappelle que la régulation des géants de la tech reste un enjeu central pour l’Union européenne, qui cherche à préserver la concurrence et la souveraineté numérique.

Conclusion : Cette édition du Débrief de la tech du jeudi 2 juillet a mis en