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"L'immobilisme n'est pas une option, car il signifierait le décrochage": le ministre des Comptes publics David Amiel soutient que la réduction du déficit public doit être "la boussole" des discussions budgétaires

Economie · · Par Julie MOREAU

## Un cap budgétaire sous tension Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a fixé la ligne directrice des discussions budgétaires à venir : la réduction du

## Un cap budgétaire sous tension Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a fixé la ligne directrice des discussions budgétaires à venir : la réduction du déficit public doit constituer « la boussole » de tous les arbitrages. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, il a détaillé les grands axes des 54 milliards d'euros d'économies que l'exécutif entend proposer dans le projet de budget pour 2027, avec un objectif clair : ramener le déficit public à 5 % du PIB. Une ambition qui intervient dans un contexte macroéconomique nettement dégradé. ## Une trajectoire déficitaire qui se creuse Les chiffres avancés par Bercy témoignent de l'ampleur du défi. Le déficit public devrait atteindre 5,4 % du PIB cette année, contre 5,1 % en 2025, alors que le gouvernement visait initialement 5,0 % dès 2026. La dette publique, de son côté, poursuit sa progression : elle devrait représenter 119,3 % du PIB en 2026 selon le ministère de l'Économie et des Finances, et jusqu'à 121,7 % en 2027 d'après ses projections. Ces dégradations s'accompagnent d'une tension accrue sur les marchés financiers, où le taux d'emprunt de l'État français atteint désormais 4,5 %, soit un point de pourcentage de plus que l'Allemagne. ## « Une urgence absolue » selon David Amiel Face à cette situation, le ministre des Comptes publics ne ménage pas ses mots. Il qualifie la réduction du déficit d'« urgence absolue » et insiste sur le caractère non négociable de la cible de 5 %. « La réduction du déficit public doit être une règle collective pour la discussion budgétaire. La cible de 5 % n'est pas de l'affichage avant lâchage », a-t-il déclaré à La Tribune Dimanche. Une formule qui sonne comme un avertissement adressé aux partenaires politiques, à l'heure où le gouvernement s'apprête à déposer son projet de loi budgétaire le 30 septembre sur le bureau de l'Assemblée nationale. ## Un budget présenté comme l'inverse d'un « budget électoraliste » Interrogé sur ses éventuelles lignes rouges, David Amiel a tenu à démarquer la démarche gouvernementale de toute tentation électorale, à moins d'un an d'échéances politiques majeures. « Notre projet est l'inverse d'un budget électoraliste », a-t-il assuré, avant d'ajouter : « Nous ne serons pas des Ponce Pilate budgétaires qui mettraient la poussière sous le tapis au prétexte de la présidentielle. » Le ministre justifie cette posture par la nécessité de préserver la crédibilité de la France sur les marchés et de ne pas hypothéquer davantage les finances publiques. ## Un équilibre politique délicat à trouver Le dépôt du projet de loi de finances, prévu le 30 septembre, s'annonce comme un moment charnière. Les 54 milliards d'euros d'économies envisagés devront être répartis entre différents postes de dépenses, sans provoquer de crise sociale ni de blocage parlementaire. Le gouvernement devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée, où chaque mesure d'économie risque d'être âprement discutée. La question de la répartition de l'effort — entre ménages, entreprises et collectivités — constituera vraisemblablement le principal point de friction des débats à venir. ## Un rendez-vous décisif pour la crédibilité budgétaire Au-delà des annonces, l'enjeu pour l'exécutif est double : rassurer les marchés sur sa capacité à maîtriser les finances publiques, tout en maintenant un cap social acceptable. La trajectoire présentée par David Amiel repose sur un pari : celui qu'un effort structurel, engagé dès 2027, permettra d'inverser la courbe de la dette avant qu'elle n'atteigne des niveaux jugés critiques par les agences de notation. Le rendez-vous du 30 septembre marquera la première étape concrète de cette stratégie. Reste à savoir si le Parlement suivra la boussole tracée par Bercy.