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L'extraction et le raffinage des minéraux critiques est "toujours plus concentrée" dans le monde selon l'AIE avec des prix orientés à la hausse

Economie · · Par Julie MOREAU

L'extraction et le raffinage des minéraux critiques est

# L'extraction et le raffinage des minéraux critiques "toujours plus concentrée" dans le monde selon l'AIE avec des prix orientés à la hausse L'Agence internati

# L'extraction et le raffinage des minéraux critiques "toujours plus concentrée" dans le monde selon l'AIE avec des prix orientés à la hausse L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié jeudi un constat alarmant : les chaînes d'approvisionnement des métaux et minéraux critiques, indispensables à la transition énergétique, sont de plus en plus "concentrées géographiquement". Cette tendance, qui s'accélère tant au niveau de l'extraction que du raffinage, expose l'économie mondiale à des risques de rupture d'approvisionnement et à une hausse durable des prix. ## Une concentration géographique qui s'accentue Selon le rapport de l'AIE, la concentration du raffinage, étape cruciale de transformation des minerais, a "encore augmenté" au bénéfice notamment de la Chine. Ce pays domine désormais une part écrasante du marché du raffinage pour des matériaux comme le graphite, le lithium ou le cobalt. Sur le plan de l'extraction, la situation est tout aussi préoccupante : pour le manganèse, le nickel ou le graphite, "pratiquement toute la croissance de l'offre est le fait du premier fournisseur", souligne l'agence. Le manganèse est ainsi principalement produit en Afrique du Sud et au Gabon, le nickel en Indonésie, et le graphite en Chine. Cette concentration pose un problème majeur de dépendance pour les économies occidentales, qui peinent à diversifier leurs sources d'approvisionnement. ## Les "minéraux mineurs stratégiques" sous tension Les "minéraux mineurs stratégiques", qui regroupent des matériaux clés échangés en petits volumes comme le gallium, l'yttrium, le cobalt ou le germanium, sont les plus tendus sur le marché. Ces matières premières, bien que moins connues du grand public, sont pourtant essentielles à la fabrication de composants électroniques, d'aimants permanents ou de batteries haute performance. Le rapport CyclOpe, référence sur les matières premières publié début juin, classe le lithium, le cobalt, le manganèse, le nickel et le graphite parmi les "métaux de batterie". Ces matériaux "jouent un rôle majeur dans le stockage d'énergie sous forme d'électricité au sein de batteries rechargeables", expliquent les auteurs. Le gallium, le graphite, le tungstène, le cobalt ou encore le germanium figurent parmi les "plus exposés" aux risques de concentration et de tensions d'approvisionnement. ## Des risques économiques et sécuritaires immédiats La concentration de la production et du raffinage ne se limite pas à une question de dépendance théorique. Comme le souligne Tim Gould, chef économiste de l'AIE, "sur l'année écoulée en particulier, l'inquiétude est passée de la vulnérabilité théorique à un défi immédiat pour la sécurité économique". Les pays producteurs et transformateurs ont parfois restreint certaines exportations ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix et dicter leurs conditions. Cette situation expose les industries utilisatrices – de l'automobile électrique aux énergies renouvelables – à des hausses de coûts et à des ruptures d'approvisionnement. La question de la souveraineté minière devient ainsi un enjeu stratégique pour les pays importateurs, qui cherchent à développer leurs propres capacités d'extraction et de raffinage. ## Des perspectives de prix orientées à la hausse Dans ce contexte de concentration accrue, les perspectives de prix pour les minéraux critiques s'orientent résolument à la hausse. La demande mondiale pour ces matériaux ne cesse de croître, portée par l'électrification des transports et le déploiement des énergies renouvelables. L'offre, elle, peine à suivre, freinée par des délais de développement des mines pouvant atteindre une décennie et par des contraintes environnementales et sociales croissantes. La combinaison d'une demande soutenue, d'une offre concentrée et de risques géopolitiques accrus pourrait maintenir les cours à des niveaux élevés dans les années à venir. Les gouvernements et les industriels sont désormais confrontés à un impératif : diversifier leurs sources d'approvisionnement et investir dans le recyclage pour réduire leur dépendance à quelques pays producteurs.