«L’excitation est vite retombée» : dans l’affaire de la tuerie de Chevaline, la piste du Luger découvert dans le lac d’Annecy pourrait tourner court

La découverte, le 20 août dernier, d’un pistolet Luger dans les eaux du lac d’Annecy par deux touristes britanniques a suscité un bref regain d’espoir dans l’en
La découverte, le 20 août dernier, d’un pistolet Luger dans les eaux du lac d’Annecy par deux touristes britanniques a suscité un bref regain d’espoir dans l’enquête vieille de quatorze ans sur la tuerie de Chevaline. Selon des informations rapportées par Le Figaro, l’arme, qui pourrait correspondre au modèle utilisé lors du massacre de septembre 2012, ferait pourtant l’objet d’un examen prudent de la part des enquêteurs, l’excitation initiale étant « vite retombée ».
### Une découverte fortuite aux allures de tournant
Le 20 août, deux touristes anglais ont remonté des profondeurs du lac d’Annecy un pistolet semi-automatique de type Luger P06-29, de calibre 7,65 mm. D’après les éléments recueillis par nos confrères du Figaro, ce modèle correspondrait à celui de l’arme utilisée lors de la tuerie de Chevaline, survenue le 5 septembre 2012 sur la route forestière de la Combe d’Ire, en Haute-Savoie. Les enquêteurs s’appuient notamment sur la découverte, sur la scène de crime, d’un morceau de crosse appartenant à ce type d’arme, ce qui renforcerait l’hypothèse d’un lien entre le pistolet retrouvé et le drame.
Cependant, l’enthousiasme suscité par cette trouvaille aurait rapidement laissé place à une approche plus mesurée. Selon des sources proches de l’enquête citées par Le Figaro, « l’excitation est vite retombée », les premières analyses ne permettant pas d’établir avec certitude que l’arme découverte serait bien celle du tueur. La prudence s’imposerait d’autant plus que le lac d’Annecy, très fréquenté, pourrait contenir d’autres objets similaires déposés là par le hasard ou par des collectionneurs.
### Quatorze ans d’enquête sans réponse
Le 5 septembre 2012, un tueur a ouvert le feu sur une famille britannique en vacances dans la région. Saad al-Hilli, son épouse et la mère de celle-ci ont été abattus froidement dans leur véhicule, tandis que leurs deux fillettes ont miraculeusement survécu au massacre. Un cycliste savoyard de 45 ans, sans lien apparent avec la famille, a également été assassiné sur place par le même auteur. Quatorze ans plus tard, aucune explication définitive n’a été apportée sur les motivations du meurtrier, et de nombreuses pistes ont été explorées sans succès.
L’affaire, devenue l’une des plus mystérieuses de la criminalité française, a fait l’objet de multiples théories, allant du conflit familial aux implications professionnelles de Saad al-Hilli, ingénieur de formation. Les enquêteurs ont également étudié la piste d’un tueur à gages, sans jamais parvenir à identifier un suspect formel. La découverte du Luger dans le lac d’Annecy, situé à quelques dizaines de kilomètres du lieu du drame, avait ravivé l’espoir d’une avancée décisive.
### Des analyses en cours, des conclusions incertaines
Les premières expertises balistiques menées sur le pistolet découvert n’auraient pas permis, à ce stade, d’établir un lien formel avec les douilles et projectiles retrouvés sur la scène de crime. Selon des informations rapportées par Le Figaro, les enquêteurs devraient procéder à des tests complémentaires, notamment pour déterminer l’état de conservation de l’arme après un long séjour dans l’eau et vérifier si elle aurait pu être utilisée lors des faits. Toutefois, le conditionnement de l’arme et son exposition prolongée à l’humidité pourraient compromettre la fiabilité des analyses.
Par ailleurs, la présence de ce type d’arme dans le lac d’Annecy ne serait pas exceptionnelle, plusieurs objets similaires ayant été découverts au fil des années, souvent issus de braderies ou de cessions illégales. Les enquêteurs n’excluent donc pas que le pistolet ait été jeté à l’eau pour des raisons sans lien avec la tuerie, ce qui expliquerait la déception des premières constatations.
### Une piste qui pourrait relancer l’enquête
Malgré ces réserves, cette découverte relance le débat sur la nécessité de poursuivre les investigations dans une affaire qui n’a jamais été officiellement close. Selon des sources proches du dossier, les avocats des parties civiles espèrent que les analyses en cours permettront d’apporter des éléments nouveaux, même si les chances d’une résolution rapide semblent minces. La tuerie de Chevaline demeure un traumatisme pour les familles des victimes, qui attendent toujours des réponses sur les circonstances exactes du drame.
L’enquête, confiée à la juridiction interrégionale spécialisée de Lyon, pourrait connaître de nouveaux développements si les expertises venaient à confirmer un lien entre le Luger et les faits. Toutefois, à ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée par le parquet, et les investigations se poursuivent dans la discrétion. La prudence reste donc de mise, alors que l’affaire, qui a marqué les esprits par sa violence et son mystère, n’a toujours pas livré tous ses secrets.