L'État va devenir "très largement le premier actionnaire" du groupe minier Eramet, en difficulté

L'État français s'apprête à franchir un cap symbolique dans le capital d'Eramet. Selon une annonce de l'Élysée rapportée par BFM Business ce lundi 12 octobre, l
L'État français s'apprête à franchir un cap symbolique dans le capital d'Eramet. Selon une annonce de l'Élysée rapportée par BFM Business ce lundi 12 octobre, l'État va devenir « très largement le premier actionnaire » du groupe minier, via une augmentation de capital pouvant atteindre 500 millions d'euros, prévue pour la fin de l'année. Une opération qui intervient alors que le groupe traverse une passe financière délicate.
## Une montée au capital inédite
À fin 2025, l'État détenait un peu plus de 27 % du capital d'Eramet. Il s'apprête à dépasser la famille industrielle Duval, qui contrôlait 37,22 % du capital à la même période. L'Agence des participations de l'État (APE) participera à l'augmentation de capital « à hauteur de sa quote-part », mais rachètera aussi, « en fonction du cours », une partie des droits de souscription préférentiels détenus par la famille Duval, a précisé l'Élysée. Cette part est qualifiée de « très significative » par la présidence, qui y voit un moyen d'« augmenter significativement » la présence de l'État dans l'entreprise.
## Un plafond fixé à 50 %
Malgré cette montée en puissance, l'Élysée a posé une limite claire : l'État « ne prendra pas plus de 50 % du capital de l'entreprise ». L'ampleur financière exacte de l'opération n'a pas été communiquée lundi. Cette prudence suggère que le gouvernement souhaite conserver une position de contrôle sans basculer dans une nationalisation pleine et entière, un équilibre délicat alors que plusieurs médias indiquaient que la famille Duval étudiait une possible cession, totale ou partielle, de ses titres.
## Un groupe minier en difficulté
Cette opération s'inscrit dans un contexte financier tendu pour Eramet. Le groupe a subi une perte nette de 477 millions d'euros en 2025, après une perte nette de 195 millions d'euros au premier semestre. Son endettement est jugé élevé. L'augmentation de capital, présentée comme « essentielle pour le groupe », était programmée au quatrième trimestre. Elle doit permettre de renforcer les fonds propres d'un acteur stratégique, producteur notamment de manganèse, de nickel et de lithium — trois métaux clés pour la transition énergétique et l'industrie des batteries.
## Un enjeu stratégique pour la souveraineté
Le renforcement de l'État au capital d'Eramet s'inscrit dans une logique plus large de sécurisation des approvisionnements en métaux critiques. Le lithium, le nickel et le manganèse figurent parmi les matières premières jugées stratégiques par Bruxelles et Paris. En devenant premier actionnaire, l'État disposera d'un levier accru sur la stratégie industrielle du groupe, sans toutefois en détenir la totalité.
Les modalités précises de l'opération, notamment le calendrier exact et le montant final levé, restent à confirmer. La participation de la famille Duval à cette augmentation de capital, et l'évolution de sa position, seront déterminantes pour la nouvelle gouvernance d'Eramet.