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L'État "ne remboursera plus le Doliprane" mais "garantira la protection totale contre les risques de santé les plus graves": la réforme choc de la Sécurité sociale proposée par Bruno Le Maire

Economie · · Par Julie MOREAU

L'État

# Sécurité sociale : Bruno Le Maire propose une refonte radicale du remboursement des soins L'ancien ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire détai

# Sécurité sociale : Bruno Le Maire propose une refonte radicale du remboursement des soins L'ancien ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire détaille dans son "manifeste pour une autre France" une réforme choc de la Sécurité sociale, qui limiterait la prise en charge publique aux seuls risques de santé majeurs. Le paracétamol, communément appelé Doliprane, ne serait plus remboursé par l'État, tandis que les affections graves comme le cancer ou la maladie d'Alzheimer bénéficieraient d'une "protection totale". Cette proposition, qui s'apparente à un programme présidentiel, intervient alors que l'ex-ministre ne s'est pas encore officiellement déclaré candidat à l'élection présidentielle. ## Un recentrage de l'Assurance maladie sur les pathologies lourdes Dans ce document, Bruno Le Maire expose sa vision d'une solidarité nationale recentrée sur l'essentiel. "La solidarité nationale garantira la protection totale contre les risques de santé les plus graves, les autres seront du ressort des mutuelles", écrit-il. Concrètement, l'ancien locataire de Bercy propose que l'assurance maladie obligatoire ne prenne en charge que les risques majeurs et coûteux, laissant les soins courants et moins onéreux aux assurances santé privées. "L'État prendra soin des personnes atteintes du cancer ou de la maladie d'Alzheimer, il ne remboursera plus le Doliprane", précise-t-il dans son manifeste. L'ancien ministre souhaite également réorganiser le transport des malades par taxi, en le réservant aux plus modestes et aux plus fragiles. Cette mesure s'inscrit dans une volonté affichée de veiller "à la rapidité et à la qualité des soins", tout en réalisant des économies substantielles sur les dépenses courantes de santé. ## Un projet déjà défendu par François Fillon, puis abandonné Cette proposition n'est pas nouvelle dans le paysage politique français. Il y a près de dix ans, François Fillon, alors candidat à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017, avait défendu une approche similaire. L'ancien Premier ministre appelait en effet à "recentrer" les remboursements de l'Assurance maladie sur "les affections longue durée et les pathologies lourdes", laissant le reste des dépenses de santé plus courantes à la charge des mutuelles et des assurances privées. À l'époque, cette mesure avait provoqué un tollé dans l'opinion publique. La mobilisation avait été telle que François Fillon avait dû faire marche arrière sur ce point. Aujourd'hui, Bruno Le Maire reprend cette idée à son compte, dans un contexte pourtant différent : le gouvernement actuel augmente déjà les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires, ce qui suscite des critiques croissantes parmi les usagers du système de santé. ## Un contexte social tendu pour une réforme impopulaire La question du financement de la protection sociale demeure un sujet sensible dans l'opinion publique française. Alors que les débats sur le budget de la Sécurité sociale animent régulièrement l'actualité parlementaire, la proposition de Bruno Le Maire risque de raviver les inquiétudes sur l'avenir du modèle social français. Les associations de patients et les défenseurs du système de santé pourraient y voir une remise en cause du principe de solidarité qui fonde la Sécurité sociale depuis 1945. Il apparaît peu probable, selon plusieurs observateurs, que les usagers du système de santé soient enclins à suivre une telle réforme, particulièrement dans un contexte où le pouvoir d'achat constitue une préoccupation majeure. La question des franchises médicales et des restes à charge demeure en effet un sujet récurrent de mécontentement. Reste à savoir si cette proposition, qui s'inscrit dans une stratégie de positionnement pour une potentielle candidature à l'Élysée, parviendra à convaincre au-delà des cercles libéraux qui soutiennent traditionnellement ce type de réforme.