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L'essence SP95-E10 a de nouveau dépassé lundi le prix de 2 euros le litre en moyenne en France métropolitaine

Economie · · Par Julie MOREAU

L'essence SP95-E10 a de nouveau dépassé lundi le prix de 2 euros le litre en moyenne en France métropolitaine

# Le litre de SP95-E10 repasse au-dessus de la barre des 2 euros en moyenne nationale Pour la première fois depuis plusieurs semaines, le prix moyen du SP95-E10

# Le litre de SP95-E10 repasse au-dessus de la barre des 2 euros en moyenne nationale Pour la première fois depuis plusieurs semaines, le prix moyen du SP95-E10 a franchi de nouveau le seuil symbolique des 2 euros le litre sur l'ensemble du territoire métropolitain, selon les données publiées lundi. Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et de reprise des frappes entre l'Iran et les États-Unis, qui alimentent les craintes sur l'approvisionnement mondial en pétrole. ## Un baril de Brent qui repasse au-dessus des 90 dollars Le baril de Brent, référence européenne du pétrole brut, est repassé au-dessus des 90 dollars, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis la mi-juin. Cette remontée des cours s'explique en grande partie par la résurgence des tensions au Moyen-Orient, région qui concentre une part significative de la production mondiale d'hydrocarbures. Les frappes entre l'Iran et les États-Unis, qui se sont intensifiées ces derniers jours, ravivent les inquiétudes des marchés quant à une possible perturbation des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Les investisseurs anticipent désormais un risque accru de rupture d'approvisionnement, ce qui se répercute mécaniquement sur les prix à la pompe. ## Des automobilistes résignés face à la hausse Face à cette nouvelle flambée des prix, les automobilistes français semblent faire preuve de résignation, comme le rapportent plusieurs témoignages recueillis par BFM Business. "On ne peut pas combattre des groupes comme Total", confie un conducteur interrogé, illustrant un sentiment d'impuissance partagé par de nombreux usagers de la route. Cette hausse du SP95-E10, qui est le carburant le plus consommé en France, pèse particulièrement sur le budget des ménages, notamment en cette période de vacances estivales où les déplacements sont plus fréquents. Les petites stations-service indépendantes, qui subissent de plein fouet la compression de leurs marges, tentent tant bien que mal de résister face aux géants du secteur. ## Des propositions politiques pour bloquer les prix Dans ce contexte, la France insoumise (LFI) a relancé l'idée de bloquer les prix des carburants en "jouant sur les marges des raffineurs". Cette proposition, qui vise à plafonner le prix du litre à un niveau jugé acceptable pour les consommateurs, suscite un vif débat. Selon les informations rapportées, LFI souhaiterait aller "faire les poches des raffineurs" pour financer ce dispositif, une approche qui divise au sein de la classe politique. Les raffineurs, de leur côté, rappellent que leurs marges sont déjà sous pression en raison de la volatilité des cours du brut et des coûts de raffinage. Cette proposition intervient alors que le gouvernement précédent avait déjà mis en place des mesures d'aide, comme la remise à la pompe, qui avaient été progressivement supprimées. ## Des perspectives incertaines pour les prochaines semaines Les analystes estiment que la tendance haussière pourrait se poursuivre dans les semaines à venir, en fonction de l'évolution des tensions géopolitiques et des décisions de l'OPEP+ concernant les quotas de production. La reprise des frappes entre l'Iran et les États-Unis, couplée à une demande mondiale qui reste soutenue malgré le ralentissement économique chinois, crée un cocktail particulièrement inflammable pour les prix à la pompe. Les automobilistes français, qui avaient déjà subi une forte hausse des prix en 2022, redoutent un scénario similaire. En attendant, le seuil des 2 euros le litre pour le SP95-E10 est de nouveau franchi, un cap psychologique qui ravive les inquiétudes sur le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises de transport routier.