L'emblématique boutique du Quartier latin cherchera un repreneur: en redressement judiciaire, les librairies Gibert envisagent de supprimer près d'un poste sur six pour "renouer avec la rentabilité dès 2028"

L’emblématique librairie Gibert du Quartier latin cherche un repreneur : 84 suppressions de postes envisagées pour un retour à l’équilibre en 2028 Placé en redr
L’emblématique librairie Gibert du Quartier latin cherche un repreneur : 84 suppressions de postes envisagées pour un retour à l’équilibre en 2028
Placé en redressement judiciaire depuis avril, le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, a dévoilé vendredi un plan de restructuration drastique. Ce projet prévoit la suppression de 84 postes sur un effectif total de 500 salariés, ainsi que la fermeture ou la cession de plusieurs magasins, dont l’une des librairies emblématiques du Quartier latin à Paris. L’objectif affiché par la direction est de « renouer avec la rentabilité dès 2028 ».
Un plan de redressement centré sur le livre d’occasion
Selon les informations communiquées par une porte-parole du groupe, ce plan de redressement a été présenté en comité social et économique (CSE) aux représentants du personnel et aux organisations syndicales. Il doit désormais être « discuté avec eux au cours des prochaines semaines ». La direction précise dans un communiqué que « toutes les possibilités de reclassements internes et externes seront recherchées ». Le projet vise à « placer le livre d’occasion au cœur du modèle » du groupe, une stratégie qui devrait permettre, selon la direction, à « la majorité des magasins du réseau de revenir en positif ». Gibert compte actuellement 16 points de vente.
Fermetures et recherche de repreneurs pour des sites clés
Le plan de redressement prévoit des mesures ciblées pour les magasins structurellement déficitaires. La direction indique que « certains resteraient malgré tout déficitaires » et envisage la fermeture de boutiques, notamment dans le quartier de Barbès, au nord de Paris. Par ailleurs, le groupe cherchera des repreneurs pour d’autres sites, comme la librairie de Poitiers ou l’une de ses librairies historiques du Quartier latin, dans la capitale. « Ces décisions sont difficiles, mais elles sont indispensables pour réussir notre transformation et préserver la dynamique de rebond de notre réseau », justifie la direction.
Un développement par l’affiliation et l’occasion
Au-delà des coupes, le groupe mise sur une diversification de son modèle économique. Le projet prévoit de « développer un service d’occasion auprès de librairies indépendantes » et de « renforcer le maillage territorial par l’affiliation, en complément du réseau en propre ». Cette stratégie vise à permettre à des librairies partenaires de bénéficier de l’expertise et de la logistique de Gibert dans le domaine du livre d’occasion, tout en élargissant la présence commerciale du groupe sans investissements lourds.
Un avenir incertain pour le premier libraire indépendant de France
Avec ce plan, Gibert espère inverser la tendance après des années de difficultés financières, exacerbées par la concurrence en ligne et l’évolution des habitudes de consommation. La suppression de 84 postes, soit près d’un poste sur six, représente un choc social pour une enseigne qui emploie 500 salariés. La phase de négociation avec les syndicats s’annonce tendue, alors que la direction promet de « rechercher toutes les possibilités de reclassements ». L’issue de ce redressement judiciaire, qui pourrait aboutir à la cession de sites emblématiques, déterminera l’avenir d’un acteur majeur du paysage libraire français.