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L’éditorial de Vincent Trémolet de Villers : «Présidentielle 2027, les urnes ou la tambouille»

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial de Vincent Trémolet de Villers : «Présidentielle 2027, les urnes ou la tambouille»

## Présidentielle 2027 : quand la « tambouille » menace de supplanter les urnes Dans son éditorial publié le 9 septembre 2026, Vincent Trémolet de Villers, du F

## Présidentielle 2027 : quand la « tambouille » menace de supplanter les urnes Dans son éditorial publié le 9 septembre 2026, Vincent Trémolet de Villers, du Figaro, pose une question qui traverse l'ensemble du champ politique français à moins de deux ans de l'échéance présidentielle : la prochaine élection se jouera-t-elle sur la souveraineté populaire ou sur des arrangements partisans ? Sous le titre évocateur « Présidentielle 2027, les urnes ou la tambouille », l'éditorialiste interroge les conditions mêmes de la légitimité démocratique à venir. ## Une aspiration partagée à l'alternance Selon l'analyse développée dans cet éditorial, les Français exprimeraient une demande claire d'alternance et de rupture. Cette aspiration, largement documentée dans les enquêtes d'opinion, constituerait le socle d'un mécontentement diffus à l'égard du pouvoir en place. Toutefois, Vincent Trémolet de Villers souligne un paradoxe : lorsque les électeurs « tendent l'oreille vers le bloc central », ils risqueraient de n'entendre « rien d'autre que la tambouille dans la continuité ». Une formule qui résume, selon l'auteur, l'écart entre les attentes populaires et l'offre politique telle qu'elle se dessine. ## L'objectif d'échapper au duel Mélenchon-Le Pen L'éditorial identifie un objectif apparemment consensuel au sein d'une partie de la classe politique : éviter un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen. Cette configuration, redoutée par de nombreux responsables, est présentée comme « largement partagée ». Cependant, l'auteur s'interroge sur sa capacité à constituer « la source et le sommet d'une entreprise politique ». Autrement dit, la seule volonté d'empêcher une issue électorale suffit-elle à fonder un projet de gouvernement ? La question reste ouverte, d'autant plus que cette stratégie reposerait, selon l'éditorialiste, sur des logiques de sélection fondées sur les enquêtes d'opinion plutôt que sur un dessein politique assumé. ## Le risque d'une campagne sous « antidépresseurs » Vincent Trémolet de Villers pointe une contradiction potentielle : si le « supplément d'âme » de la campagne de 2027 se résume à « une plateforme de liaison interpartisane destinée à délivrer des investitures en vue d'une coalition de gouvernement », alors la campagne électorale du post-macronisme pourrait, selon lui, « finir sous antidépresseurs ». Cette formule, volontairement provocatrice, illustre la crainte d'un scrutin vidé de son contenu programmatique au profit d'arithmétiques électorales. L'auteur en appelle à une « vision », à un « dessein pour les cinq ans qui viennent », voire à une « espérance » — des termes qui renvoient à une conception exigeante de la vie démocratique. ## La légitimité en question L'éditorial rappelle enfin quelques « vérités premières » sur la légitimité d'un candidat, évoquant notamment l'appui sur l'Histoire, à l'image de Charles de Gaulle, ou sur la force d'une filiation politique. Ces références historiques suggèrent que la légitimité ne saurait se réduire à des mécanismes de désignation technocratiques ou à des accords entre appareils. La question posée dépasse ainsi le seul cadre de 2027 : elle interroge la manière dont la démocratie française entend produire ses dirigeants et fonder leur autorité. À près de deux ans du scrutin, cette mise en garde résonne comme un avertissement adressé à l'ensemble des forces politiques. Reste à savoir si les électeurs, appelés aux urnes, arbitreront en faveur d'un projet ou d'une combinaison. La réponse appartient, en principe, au corps électoral — à moins que la « tambouille » ne s'invite avant l'heure dans le processus.