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L’éditorial de Philippe Gélie : « De Kiev à Moscou et au-delà, la guerre gagne du terrain »

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial de Philippe Gélie : « De Kiev à Moscou et au-delà, la guerre gagne du terrain »

Depuis plus de quatre ans et demi, le conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine s’est progressivement installé dans le paysage européen, au point de s

Depuis plus de quatre ans et demi, le conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine s’est progressivement installé dans le paysage européen, au point de sembler presque figé dans les consciences. Pourtant, selon l’éditorial de Philippe Gélie publié dans *Le Figaro* le 2 septembre 2026, cette guerre ne cesse de s’étendre et de se rapprocher des frontières de l’Union européenne. Le champ de bataille ne se limiterait plus aux seules zones dévastées du Donbass, mais s’étendrait désormais de Kiev à Moscou et au-delà, redéfinissant les contours d’un conflit aux ramifications multiples. ## Une extension géographique et stratégique du conflit D’après l’analyse de Philippe Gélie, la Russie multiplierait les « attaques hybrides » contre les alliés occidentaux de l’Ukraine, à l’instar des drones explosifs découverts début août en Allemagne. Ces actions, qui viseraient des infrastructures et des citoyens au-delà des seules zones de combat, témoigneraient d’une stratégie d’élargissement du théâtre d’opérations. L’éditorialiste souligne que les populations européennes, longtemps épargnées par les conséquences directes du conflit, se trouveraient désormais potentiellement exposées à des menaces nouvelles, brouillant la frontière entre zone de guerre et arrière-front. Par ailleurs, cette dynamique s’accompagnerait d’une intensification des frappes sur le territoire ukrainien. Alors que la conquête territoriale piétinerait, les pertes civiles augmenteraient de manière significative. Les frappes de drones et de missiles seraient devenues incessantes, de jour comme de nuit, transformant le quotidien des Ukrainiens en une épreuve permanente. Les écoles se dérouleraient sous terre, les stations de métro serviraient de refuges chaque soir, illustrant une réalité où la survie primerait sur toute autre considération. ## Une guerre qui s’invite également en Russie L’éditorial de *Le Figaro* met également en lumière un phénomène nouveau : la population russe serait désormais confrontée aux répercussions directes du conflit. Les drones ukrainiens mèneraient des frappes visant notamment des raffineries, provoquant des incendies et perturbant des infrastructures essentielles. Ces actions auraient pour objectif de faire entendre à la population russe « l’écho de l’opération militaire spéciale », un terme utilisé par les autorités de Moscou pour désigner leur invasion de l’Ukraine. Cette stratégie viserait à rapprocher la réalité du conflit de ceux qui, jusqu’alors, pouvaient l’ignorer. Cette évolution marquerait un tournant dans la perception du conflit, tant pour les citoyens russes que pour les observateurs internationaux. La guerre, initialement perçue comme lointaine et cantonnée à des zones précises, s’inviterait désormais dans des espaces considérés comme sûrs, bouleversant les équilibres établis. Les conséquences de cette extension pourraient être multiples, tant sur le plan humanitaire que sur le plan politique et diplomatique. ## Des implications pour la sécurité européenne Les révélations concernant les drones explosifs découverts en Allemagne soulèveraient des questions cruciales quant à la sécurité des pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN. Selon l’analyse de Philippe Gélie, ces incidents illustreraient une volonté russe de tester les capacités de réaction des alliés occidentaux et d’exercer une pression constante sur leurs infrastructures. Cette stratégie hybride, combinant actions clandestines et démonstrations de force, viserait à déstabiliser les sociétés européennes sans déclencher une escalade militaire conventionnelle. Face à cette menace diffuse, les pays européens devraient adapter leurs dispositifs de sécurité et de renseignement. La détection précoce des drones explosifs, la protection des infrastructures critiques et la coordination des services de renseignement deviendraient des priorités absolues. Toutefois, ces mesures ne sauraient suffire à endiguer une menace qui évolue constamment, exigeant une vigilance permanente et une coopération renforcée entre alliés. ## Une guerre qui s’installe dans la durée L’éditorial de Philippe Gélie souligne également que la guerre, loin de s’essouffler, tendrait à s’installer dans une temporalité longue, avec des conséquences profondes sur les sociétés concernées. En Ukraine, la population civile subirait des pertes humaines massives, dans un contexte où les infrastructures de base sont détruites ou inaccessibles. La rentrée scolaire sous terre, les coupures d’électricité et de chauffage en hiver, ou encore l’afflux quotidien de réfugiés dans les stations de métro témoigneraient d’une réalité brutale, éloignée des considérations stratégiques. En Russie, l’écho des frappes ukrainiennes pourrait également avoir des répercussions politiques, alors que la population prendrait progressivement conscience des coûts humains et matériels du conflit. Cette prise de conscience pourrait-elle influencer les équilibres internes ? Rien n’est moins sûr, selon les observateurs, tant la maîtrise de l’information par les autorités russes demeure stricte. Toutefois, la répétition des frappes sur des cibles économiques stratégiques pourrait, à terme, fragiliser le soutien populaire à l’offensive. ## Une vigilance européenne accrue nécessaire Dans ce contexte, les pays européens, et plus largement les alliés occidentaux de l’Ukraine, seraient confrontés à un défi majeur : maintenir un soutien militaire et financier à Kiev tout en protégeant leurs propres territoires contre des menaces hybrides. Cette double exigence exigerait une coordination étroite entre les capitales européennes et les instances de l’OTAN, ainsi qu’une adaptation constante des stratégies de défense. L’éditorial de *Le Figaro* suggère que cette situation pourrait perdurer, faute de perspective diplomatique crédible. La guerre, initialement conçue comme une opération éclair, se serait transformée en un conflit d’usure aux conséquences imprévisibles. Les frappes de drones, les attaques hybrides et la multiplication des théâtres d’opérations dessineraient un paysage sécuritaire europé