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L’éditorial de Patrick Saint-Paul : «La victoire en trompe-l’œil de Donald Trump»

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial de Patrick Saint-Paul : «La victoire en trompe-l’œil de Donald Trump»

L’éditorial de Patrick Saint-Paul : une analyse de la « victoire en trompe-l’œil » de Donald Trump Dans un éditorial publié le 18 juin 2026 dans Le Figaro, le j

L’éditorial de Patrick Saint-Paul : une analyse de la « victoire en trompe-l’œil » de Donald Trump

Dans un éditorial publié le 18 juin 2026 dans Le Figaro, le journaliste Patrick Saint-Paul décrypte ce qu’il qualifie de « victoire en trompe-l’œil » pour le président américain Donald Trump, à la suite de la signature d’un protocole d’accord avec l’Iran. Selon l’auteur, loin d’être un triomphe pour Washington, cet accord marquerait en réalité une réussite stratégique pour Téhéran, malgré les déclarations triomphalistes du locataire de la Maison-Blanche. L’article, réservé aux abonnés, s’appuie sur des éléments symboliques et historiques pour étayer cette thèse, tout en pointant la réception critique de l’accord par les élus républicains du Congrès.

Le décorum de Versailles comme écran de fumée

Patrick Saint-Paul ouvre son analyse sur une référence à la phrase prononcée par Donald Trump avant la signature de l’accord : « Versailles, c’est pas du plaqué or, c’est du lourd. » Cette citation, empruntée à l’univers du cinéma français, illustrerait selon le journaliste la méthode trumpienne : une mise en scène grandiose destinée à masquer la réalité d’un deal bien moins avantageux qu’annoncé. Le choix du château de Versailles, symbole de la puissance du Roi-Soleil et lieu historique de traités de paix — notamment celui de 1783, qui mit fin à la guerre d’indépendance américaine, et celui de 1919, avec ses réparations humiliantes pour l’Allemagne —, n’est pas anodin. Pour Trump, ce cadre devait incarner une « paix des vainqueurs », projetant l’image d’un président américain maître du jeu géopolitique. Pourtant, Saint-Paul suggère que cet écrin de prestige ne saurait dissimuler la faiblesse des termes obtenus.

L’Iran comme véritable bénéficiaire

Le cœur de l’éditorial réside dans l’affirmation que « le vainqueur de cette paix est bien l’Iran ». Selon Patrick Saint-Paul, les élus républicains du Congrès ne seraient pas dupes des rodomontades présidentielles. En dépit des « cris de victoire des gardiens de la révolution de Téhéran », qui célèbrent l’accord comme un succès, la réalité serait que l’Iran a obtenu des concessions significatives sans avoir à céder sur l’essentiel de son programme nucléaire ou de son influence régionale. L’auteur compare cette situation aux précédents historiques : le traité de Versailles de 1919, en imposant des réparations écrasantes à l’Allemagne, avait semé les germes de la Seconde Guerre mondiale. De manière analogue, l’accord actuel pourrait, selon lui, renforcer la position de l’Iran tout en affaiblissant la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale. Aucun détail précis sur les clauses de l’accord n’est fourni dans l’extrait disponible, mais le ton suggère un déséquilibre favorable à Téhéran.

Une réception politique contrastée à Washington

L’éditorialiste souligne que la perception de cet accord est loin d’être unanime au sein du parti républicain. « Les élus républicains du Congrès ne sont pas dupes », écrit-il, indiquant une fracture entre la communication présidentielle et l’analyse des parlementaires. Cette défiance interne pourrait avoir des implications politiques majeures pour Donald Trump, qui avait fait de la négociation avec l’Iran un pilier de sa politique étrangère. En tentant de présenter ce protocole comme un succès retentissant, le président américain chercherait à rassurer sa base électorale, mais les réserves exprimées à Capitol Hill risquent de fragiliser sa position, tant sur le plan intérieur qu’international. L’article de Patrick Saint-Paul laisse entendre que cette « victoire en trompe-l’œil » pourrait, à terme, se retourner contre son auteur, en affaiblissant la crédibilité des États-Unis et en offrant à l’Iran une position de force inattendue.