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L’éditorial de Patrick Saint-Paul : « La Crimée, l’épine dans le pied de Poutine»

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial de Patrick Saint-Paul : « La Crimée, l’épine dans le pied de Poutine»

# Crimée : le « joyau de la couronne » russe devient un fardeau militaire et touristique La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014 et présentée par

# Crimée : le « joyau de la couronne » russe devient un fardeau militaire et touristique La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014 et présentée par Vladimir Poutine comme le retour d'un « joyau de la couronne » dans l'empire russe, est devenue un point faible stratégique majeur pour Moscou. Selon un éditorial de Patrick Saint-Paul publié dans *Le Figaro* le 12 juillet 2026, quatre ans et demi après le lancement de la guerre en Ukraine, la Crimée s'est transformée en une « épine dans le pied » du président russe, confronté à une offensive ukrainienne de drones d'une ampleur inédite. ## Une offensive de drones qui paralyse la péninsule D'après les informations rapportées par le journaliste Patrick Saint-Paul, Kiev aurait orchestré une « spectaculaire et humiliante surprise stratégique » en décrétant la « fin de la saison touristique » et en promettant de faire de la Crimée « une île ». Chaque jour, plus d'une centaine de drones frapperaient ce territoire occupé par les forces russes. Cette intensité d'attaques, sans précédent depuis le début du conflit, aurait provoqué un effondrement des infrastructures au début de la saison touristique, principal moteur économique de la région. Les conséquences sur le terrain seraient dramatiques. Pris de panique, les touristes auraient fui par milliers, tandis que les habitants expriment leur désespoir sur les réseaux sociaux, accusant Vladimir Poutine de les avoir abandonnés. Cette situation représente un renversement de situation saisissant pour un territoire dont l'annexion avait été largement saluée en Russie comme un symbole de la renaissance impériale. ## Un symbole impérial devenu source d'humiliation L'éditorialiste du *Figaro* souligne le paradoxe dans lequel se trouve désormais le Kremlin. L'annexion de la Crimée en 2014 avait été présentée comme l'un des plus grands succès de Vladimir Poutine, un geste de reconquête impériale qui lui avait valu une popularité record en Russie. Aujourd'hui, la péninsule serait devenue le théâtre d'une humiliation stratégique, Kiev ayant réussi à transformer ce symbole de puissance en un point vulnérable. Cette situation pourrait avoir des implications plus larges pour la stabilité du régime russe. La capacité de l'Ukraine à frapper quotidiennement la Crimée avec des drones démontrerait non seulement une faiblesse des défenses russes, mais aussi une évolution significative des capacités offensives ukrainiennes. Les attaques systématiques contre les infrastructures critiques, notamment celles liées au tourisme, viseraient à rendre le territoire économiquement non viable pour l'occupant. ## Des conséquences économiques et psychologiques L'effondrement de la saison touristique représente un coup dur pour l'économie criméenne, qui dépendait largement des visiteurs russes depuis 2014. Les images de touristes fuyant massivement la péninsule, diffusées sur les réseaux sociaux, contrastent fortement avec la propagande officielle qui présentait la Crimée comme une destination sûre et prospère sous administration russe. Cette désertion touristique, couplée aux pénuries provoquées par les frappes ukrainiennes, pourrait exacerber les tensions entre la population locale et les autorités d'occupation. Les accusations d'abandon lancées par les habitants à l'encontre de Vladimir Poutine suggèrent un mécontentement croissant, potentiellement exploitable par Kiev sur le plan psychologique et informationnel. ## Une stratégie ukrainienne à long terme L'offensive ukrainienne contre la Crimée s'inscrirait dans une stratégie plus large visant à saper la capacité de la Russie à maintenir le contrôle sur ce territoire stratégique. En transformant la péninsule en zone de conflit permanent, Kiev chercherait à démontrer que l'annexion de 2014 n'est pas un fait accompli et que la souveraineté ukrainienne sur la région reste une revendication active. Cette approche pourrait également viser à affaiblir le moral des troupes russes stationnées en Crimée, qui se trouveraient sous pression constante. La perspective d'une guerre d'attrition sur ce territoire, autrefois considéré comme un sanctuaire, représenterait un défi logistique et psychologique majeur pour Moscou.