L’éditorial de Laurence de Charette : « Les jeunes avec le Pape au Stade de France, le choix de la vie »

L'afflux de jeunes catholiques vers les rassemblements pontificaux en France soulève des interrogations sur les ressorts d'un engouement que peu d'observateurs
L'afflux de jeunes catholiques vers les rassemblements pontificaux en France soulève des interrogations sur les ressorts d'un engouement que peu d'observateurs avaient anticipé. Selon un éditorial publié par Le Figaro le 25 septembre 2026, sous la plume de Laurence de Charette, les inscriptions pour la veillée du pape avec les jeunes au Stade de France auraient affiché complet en moins d'une heure, portant sur quelque 80 000 places. Un phénomène d'ampleur, que la journaliste compare à un record susceptible de « faire pâlir les Rolling Stones ».
## Un engouement qui interroge les observateurs
D'après les éléments rapportés dans cet éditorial, la rapidité avec laquelle les places se sont envolées à l'ouverture des inscriptions constitue un fait notable dans un paysage religieux français que beaucoup décrivaient comme déclinant. Laurence de Charette s'interroge explicitement sur l'origine de cette mobilisation : « Mais d'où viennent-ils ? », écrit-elle, soulignant le contraste entre cette ferveur juvénile et l'image d'églises réduites à « une poignée de grands-parents, vestiges d'anciens temps ». Cette dynamique semblerait traduire une recomposition des pratiques religieuses chez les jeunes générations, sans que les causes précises en soient établies avec certitude.
## Une lecture spirituelle dans un contexte de désorientation
L'éditorialiste inscrit ce phénomène dans une analyse plus large de la société française, qu'elle décrit comme « désorientée » et « gangrenée par la violence ». Selon cette lecture, le successeur de saint Pierre porterait « une façon d'être au monde et une parole qui a traversé les millénaires », résonnant particulièrement « dans le néant existentiel qui désespère la civilisation occidentale ». Cette grille d'interprétation, propre à la ligne éditoriale du quotidien, suggère que l'adhésion des jeunes à ces rassemblements pourrait relever d'une quête de sens autant que d'une démarche strictement confessionnelle. Il convient toutefois de rappeler qu'il s'agit là d'une analyse d'opinion, et non d'une donnée établie.
## Un rendez-vous inscrit dans une séquence plus vaste
Le rassemblement évoqué s'inscrit dans le cadre de la veillée prévue au Stade de France, à Saint-Denis, un vendredi soir, en présence du pape. D'après les informations rapportées par Le Figaro, cet événement a été entouré d'une « liesse spontanée et festive ». La mobilisation des jeunes catholiques pour ce type de rendez-vous n'est pas inédite dans l'histoire récente de l'Église en France, où les Journées mondiales de la jeunesse et les grands rassemblements diocésains ont déjà témoigné, par le passé, d'une capacité à fédérer des publics jeunes. Cependant, l'ampleur et la rapidité de l'engouement constatées ici pourraient marquer une intensification de ce phénomène, sans qu'il soit possible, à ce stade, d'en mesurer la portée durable.
## Des implications au-delà du seul champ religieux
Au-delà de la dimension spirituelle, cet événement pourrait avoir des répercussions sur la manière dont les institutions, notamment ecclésiales, envisagent leur rapport à la jeunesse. La journaliste évoque des jeunes frappant « à la porte de ces églises dont on avait depuis longtemps oublié de leur indiquer le chemin », une formule qui suggère un déficit de transmission antérieur. Les suites de ce rassemblement, en termes de fréquentation des paroisses ou d'engagement associatif, demeurent incertaines. Seules les prochaines semaines permettront d'établir si cette ferveur ponctuelle se traduira par une présence plus structurée, ou si elle restera circonscrite à l'événement lui-même.