L’éditorial de Laurence de Charette : «Aide sociale à l’enfance, le grand abandon»

# Aide sociale à l’enfance : un système en déshérence pointé du doigt Dans un éditorial publié le 5 juillet 2026 dans les colonnes du Figaro, Laurence de Charet
# Aide sociale à l’enfance : un système en déshérence pointé du doigt
Dans un éditorial publié le 5 juillet 2026 dans les colonnes du *Figaro*, Laurence de Charette dresse un constat accablant sur l’état de l’aide sociale à l’enfance (ASE) en France. Sous le titre « Aide sociale à l’enfance, le grand abandon », la journaliste dénonce un système qui aurait « perdu le sens de la limite », entre foyers ouverts à tous vents et institutions qui se renvoient la responsabilité. Selon elle, c’est tout un dispositif de protection qui vacille, laissant des enfants livrés à eux-mêmes dans un cadre pourtant censé les protéger.
## Des prénoms devenus symboles d’une tragédie silencieuse
### Louis, Lily, Awa : des victimes d’un système à la dérive
L’éditorialiste évoque ces prénoms — Louis, Lily, Awa — qui « surgissent en lettres brûlantes dans le magma incandescent de ces indignations qui étreignent successivement la France ». Derrière ces noms, des enfants, jeunes ou très jeunes, victimes « directement ou indirectement, de ceux-là mêmes qui prétendaient les protéger ». Laurence de Charette cite notamment le cas de Louis, adolescent de 17 ans lynché par cinq autres jeunes, dont une partie était, comme lui, confiée à l’aide sociale à l’enfance. Un drame qui, selon elle, « en dit tant sur le naufrage de l’institution ».
La journaliste s’interroge : « Est-ce parce qu’elle est particulièrement insoutenable que la coupable faillite de l’aide sociale à l’enfance reste ignorée ? » Une question qui résonne alors que les faits divers, les rapports circonstanciés et les témoignages déchirants se multiplient, sans pour autant provoquer une prise de conscience collective à la hauteur de l’urgence.
## Un système en roue libre où chaque maillon se défausse
### Justice, départements, associations : une chaîne de responsabilités brisée
L’éditorial décrit un système « en roue libre », où chaque maillon — justice, département, association — se défausse sur le suivant. « Par action et par omission, une maltraitance et une violence inouïes prospèrent », écrit Laurence de Charette, s’appuyant sur une litanie de faits divers, de rapports et de témoignages qui auraient établi « l’inimaginable ». La journaliste suggère que la gravité même de la situation pourrait expliquer le silence qui l’entoure : un mécanisme de déni collectif face à une réalité trop insoutenable pour être regardée en face.
Le constat est d’autant plus préoccupant que l’ASE est censée constituer l’un des piliers de la protection de l’enfance en France. Confiée aux départements, elle repose sur un équilibre fragile entre placements en familles d’accueil, foyers et suivis éducatifs. Or, selon les éléments rapportés par Laurence de Charette, cet équilibre serait rompu, laissant place à des logiques de gestion administrative où l’intérêt supérieur de l’enfant passerait au second plan.
## Des pistes de réflexion pour sortir de l’impasse
### Repenser la limite et la responsabilité comme préalables à toute réforme
L’éditorialiste ne se contente pas de dénoncer : elle invite à une réflexion de fond sur ce que signifie « protéger » un enfant dans une société qui aurait, selon elle, perdu le sens de la limite. La notion de limite — qu’elle soit physique, temporelle ou relationnelle — apparaît comme un fil rouge de son analyse. Entre foyers ouverts à tous vents et institutions qui se renvoient la responsabilité, c’est bien cette capacité à poser un cadre protecteur qui ferait défaut.
Sans formuler de recommandations précises, Laurence de Charette semble appeler à une refonte en profondeur du dispositif, où la responsabilité de chaque acteur serait clairement définie et où l’enfant ne serait plus un objet de renvoi entre administrations. Une piste que pourraient explorer les pouvoirs publics, alors que le sujet de la protection de l’enfance peine à s’imposer dans le débat politique malgré l’accumulation des drames.
## Un cri d’alarme qui interroge la société dans son ensemble
### Au-delà de l’institution, un miroir tendu à la collectivité
L’éditorial de Laurence de Charette dépasse le simple constat institutionnel pour interroger la responsabilité collective face à ces enfants « abandonnés » par un système qui les avait pris en charge. En pointant du doigt la « coupable faillite » de l’ASE, la journaliste tend un miroir à une société qui, selon elle, préfère détourner le regard plutôt que d’affronter l’ampleur du désastre. Reste à savoir si ce cri d’alarme, porté par une voix autorisée du débat public, parviendra à briser le silence et à susciter une mobilisation à la hauteur des enjeux. Dans l’attente, les prénoms de Louis, Lily et Awa continuent de résonner comme autant de stigmates d’un système à reconstruire.