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L’éditorial de Philippe Gélie : «Donald Trump et le nouvel Iran»

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial de Philippe Gélie : «Donald Trump et le nouvel Iran»

L’éditorial de Philippe Gélie : « Donald Trump et le nouvel Iran » Dans un éditorial publié le 24 juin 2026, Philippe Gélie, rédacteur en chef du Figaro, analys

L’éditorial de Philippe Gélie : « Donald Trump et le nouvel Iran »

Dans un éditorial publié le 24 juin 2026, Philippe Gélie, rédacteur en chef du Figaro, analyse avec une acuité tranchante le basculement stratégique du Moyen-Orient. Selon lui, la campagne aérienne américaine de quarante jours contre l’Iran, bien que dévastatrice sur le plan militaire, n’a abouti qu’à une faiblesse diplomatique inédite pour Washington. Le contraste est saisissant : d’un conflit fulgurant à une paix précaire, le régime des gardiens de la révolution, loin d’être affaibli, en sort plus répressif et arrogant que jamais, tandis que les alliés traditionnels des États-Unis dans la région cherchent désormais d’autres protections.

Un rapport de force bouleversé

L’éditorialiste décrit un Moyen-Orient qui a « basculé dans un nouveau rapport de force », où les gardiens de la révolution détiennent désormais la puissance régionale. Il souligne que, pour avoir déjà survécu à des conflits antérieurs, ils ne craignent plus les foudres américaines. Cette analyse repose sur l’observation que la simple réalité serait que le président américain, Donald Trump, n’a plus envie de se battre. Cette perception d’un désengagement volontaire nourrit l’arrogance de Téhéran, qui se montre « plus répressif, arrogant et vindicatif que jamais », selon les termes de Philippe Gélie. Le contraste entre la puissance militaire déployée et la faiblesse stratégique à la table des négociations est au cœur de son constat.

Israël et les monarchies du Golfe mis à l’écart

L’éditorial met en lumière les conséquences immédiates pour les alliés régionaux des États-Unis. Israël, qui avait été un « instigateur aux premières loges » dans le conflit, se voit « maintenu à l’écart de sa conclusion diplomatique ». Cette exclusion fragilise sa position sécuritaire, alors que le Hezbollah libanais, soutenu par l’Iran, reste une menace constante. Par ailleurs, les monarchies du Golfe, qui misaient sur la protection américaine, doivent désormais « chercher d’autres soutiens et un accommodement avec Téhéran ». Ce réalignement forcé illustre un affaiblissement perçu de la crédibilité américaine dans la région. Le Liban, quant à lui, bien qu’il aspire à normaliser sa relation avec l’État hébreu, reste « l’otage du Hezbollah et de son patron iranien », selon l’éditorialiste.

Une stratégie en question

Philippe Gélie suggère que la stratégie américaine, fondée sur une démonstration de force militaire, a paradoxalement renforcé l’adversaire. En ne capitalisant pas sur les frappes aériennes par une pression diplomatique cohérente, Washington a offert à Téhéran une fenêtre pour consolider son pouvoir régional. L’éditorial, réservé aux abonnés, invite à réfléchir sur l’avenir de l’influence américaine au Moyen-Orient, alors que le régime iranien, tortionnaire de son propre peuple, semble avoir tiré profit de cette séquence. La conclusion implicite est que la puissance militaire, sans vision stratégique, peut se transformer en une vulnérabilité durable.