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L’éditorial d’Yves Thréard : « Au nom de Lyhanna »

Une · · Par Claire BERNARD

L’éditorial d’Yves Thréard : « Au nom de Lyhanna »

# L’éditorial d’Yves Thréard : « Au nom de Lyhanna » — Un réquisitoire contre la faillite judiciaire Le 5 juin 2026, Yves Thréard, éditorialiste au Figaro, a pu

# L’éditorial d’Yves Thréard : « Au nom de Lyhanna » — Un réquisitoire contre la faillite judiciaire Le 5 juin 2026, Yves Thréard, éditorialiste au Figaro, a publié une tribune intitulée « Au nom de Lyhanna », dans laquelle il dénonce avec une rare virulence les défaillances du système judiciaire français. Cette prise de position intervient après la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, assassinée par un homme dont les agissements étaient pourtant connus des autorités depuis près de neuf ans. Selon l’éditorialiste, ce drame serait le symptôme d’une « machine judiciaro-administrative française prise en flagrant délit d’échec, de défaillance, de faute grave ». ## Un signalement ignoré depuis 2017 D’après les informations rapportées par Yves Thréard, les premiers signalements concernant le meurtrier présumé, identifié comme Jérôme B., remontent à 2017. Cet agent d’entretien travaillant dans un lycée avait alors fait l’objet de signalements pour comportement inapproprié, ce qui lui avait valu d’être renvoyé de l’établissement en 2020. Par la suite, deux plaintes pour viols sur mineurs auraient été déposées à son encontre. La première aurait été classée sans suite, tandis que l’enquête sur la seconde se serait enlisée dans ce que l’éditorialiste qualifie de « labyrinthe kafkaïen des procédures ». Jérôme B. n’aurait même pas été entendu par les enquêteurs, malgré la gravité des accusations portées contre lui. Cette chronologie, si elle se confirme, interroge directement l’efficacité des mécanismes de protection de l’enfance en France. L’absence de réaction des autorités judiciaires face à des signalements répétés pourrait constituer une faute systémique, selon Yves Thréard, qui estime que « si elle avait fonctionné, la petite collégienne de 11 ans sourirait encore à la vie ». ## Un électrochoc national attendu Face à ce qu’il présente comme un échec cuisant de la justice, l’éditorialiste appelle à un « électrochoc national » et à une « salutaire prise de conscience sur la faillite de la protection de l’enfance ». Il suggère que la mort de Lyhanna pourrait devenir un symbole, au même titre que d’autres affaires ayant provoqué des réformes législatives par le passé. Toutefois, Yves Thréard ne se contente pas d’un simple constat : il exige des actes concrets de la part des pouvoirs publics. Cette tribune, réservée aux abonnés du Figaro, s’inscrit dans un contexte plus large de critiques récurrentes adressées au système judiciaire français, notamment en matière de traitement des violences faites aux mineurs. Selon des sources judiciaires, le nombre de plaintes classées sans suite pour des faits de violences sexuelles sur enfants reste préoccupant, et les délais de traitement des affaires demeurent un sujet de tension récurrent entre les magistrats et le gouvernement. ## Les limites d’un système sous pression Si l’émotion suscitée par le meurtre de Lyhanna est légitime, plusieurs observateurs appellent à nuancer le propos. Selon des syndicats de magistrats interrogés par d’autres médias, les dysfonctionnements pointés du doigt dans cette affaire pourraient être liés à un manque chronique de moyens humains et financiers alloués à la justice. Les tribunaux, saturés, peinent à traiter l’ensemble des dossiers dans des délais raisonnables, ce qui expliquerait en partie les lenteurs procédurales dénoncées par l’éditorialiste. Par ailleurs, la question de la coordination entre les services sociaux, l’Éducation nationale et l’institution judiciaire est régulièrement soulevée par les professionnels de la protection de l’enfance. Des rapports parlementaires successifs ont pointé du doigt le manque de partage d’informations entre ces différents acteurs, ce qui pourrait avoir joué un rôle dans l’absence de réaction face aux signalements concernant Jérôme B. ## Vers une réforme de la protection de l’enfance ? La tribune d’Yves Thréard relance ainsi le débat sur la nécessité d’une réforme en profondeur du système de protection de l’enfance en France. Alors que des associations de défense des droits des enfants réclament depuis des années une meilleure prise en charge des signalements et un renforcement des moyens alloués à la justice des mineurs, le gouvernement pourrait être contraint de réagir face à la pression médiatique et citoyenne. Il reste à voir si l’émotion suscitée par la mort de Lyhanna se traduira par des mesures concrètes, ou si elle rejoindra la liste des tragédies qui, bien que provoquant une indignation légitime, n’ont pas abouti à des changements structurels durables. L’éditorialiste du Figaro, en tout état de cause, semble déterminé à ne pas laisser retomber l’attention, appelant les pouvoirs publics à agir « au nom de Lyhanna » pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.