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L’écrivain Didier Decoin, prix Goncourt en 1977 et ancien président de son jury, est mort

Une · · Par Claire BERNARD

L’écrivain Didier Decoin, prix Goncourt en 1977 et ancien président de son jury, est mort

L’écrivain et scénariste Didier Decoin, lauréat du prix Goncourt en 1977 pour son roman John l’Enfer et ancien président de l’Académie Goncourt, est décédé à l’

L’écrivain et scénariste Didier Decoin, lauréat du prix Goncourt en 1977 pour son roman *John l’Enfer* et ancien président de l’Académie Goncourt, est décédé à l’âge de 81 ans. L’institution a annoncé sa disparition mercredi 5 août, saluant la mémoire d’un romancier qui « avait une haute idée de la langue et de la littérature », selon un communiqué relayé par Le Figaro avec l’AFP. ## Une figure tutélaire de la littérature française Né le 13 mars 1945, Didier Decoin était le fils du cinéaste Henri Decoin, figure du cinéma français de l’après-guerre. Son parcours littéraire a été marqué par une consécration précoce : en 1977, à seulement 32 ans, il recevait le prix Goncourt pour *John l’Enfer*, un roman qui l’a installé durablement parmi les auteurs majeurs de sa génération. Par la suite, il a intégré l’Académie Goncourt, dont il a assuré la présidence entre 2020 et 2024, succédant à une lignée de personnalités influentes du paysage littéraire hexagonal. Au-delà de cette distinction, Didier Decoin a bâti une œuvre prolifique, alternant romans, essais et scénarios. Son engagement au sein de l’Académie Goncourt n’a jamais faibli, même dans ses derniers jours. Selon les propos de son fils rapportés par Le Figaro, « il n’a jamais cessé de s’investir dans l’Académie Goncourt », et lisait encore les ouvrages de la rentrée littéraire quelques jours avant sa mort, en vue de la remise du prix prévue début novembre. Une implication qui témoigne d’une passion intacte pour la lecture et l’écriture, résumée sobrement par son fils : « Soit il lisait, soit il écrivait. » ## Un parcours éclectique entre journalisme et scénario Avant de se consacrer pleinement à l’écriture romanesque, Didier Decoin a exercé le métier de journaliste, une expérience formatrice qui a nourri son regard sur le monde. Il a débuté au quotidien *France-Soir*, avant de collaborer avec *Les Nouvelles littéraires*, Europe 1 et l’hebdomadaire VSD. Cette carrière dans les médias lui a permis d’observer de près les mutations de la société française des années 1960 et 1970, une matière qu’il a ensuite transposée dans ses fictions. Parallèlement, il s’est imposé comme un scénariste prolifique, collaborant à de nombreuses adaptations pour le cinéma et la télévision. Cette double compétence — plume littéraire et écriture audiovisuelle — l’a distingué dans un milieu où la polyvalence reste rare. Elle explique également la diversité de ses sujets, allant du drame historique aux récits plus intimes, toujours portés par une exigence stylistique remarquée par ses pairs. ## Une disparition qui marque la rentrée littéraire La mort de Didier Decoin survient à un moment symbolique : celui de la préparation de la rentrée littéraire, période cruciale pour l’édition française et pour l’Académie Goncourt. Son absence se fera sentir lors des délibérations du prix, qu’il avait présidées pendant quatre ans. L’institution, qui a perdu une de ses voix les plus expérimentées, devra composer sans son œil avisé pour les sélections à venir. Toutefois, son héritage demeure à travers une œuvre dense et respectée, ainsi qu’à travers l’exemple d’un homme de lettres pleinement dévoué à sa mission. Les hommages qui ne manqueront pas de se multiplier dans les prochains jours devraient souligner l’ampleur de sa contribution à la vie culturelle française, tant comme auteur que comme gardien du plus prestigieux des prix littéraires nationaux. La disparition de Didier Decoin laisse un vide certain, mais son nom restera associé à une certaine idée de l’engagement littéraire, entre tradition et modernité.