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«L’économie pour les nuls» : Pigasse et Bardella s’écharpent sur l’annulation de la dette proposée par Mélenchon

Une · · Par Claire BERNARD

«L’économie pour les nuls» : Pigasse et Bardella s’écharpent sur l’annulation de la dette proposée par Mélenchon

«L’économie pour les nuls» : Pigasse et Bardella s’écharpent sur l’annulation de la dette proposée par Mélenchon Le débat économique français connaît un nouvel

«L’économie pour les nuls» : Pigasse et Bardella s’écharpent sur l’annulation de la dette proposée par Mélenchon

Le débat économique français connaît un nouvel épisode tendu depuis la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette publique, une idée défendue publiquement par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse et vivement critiquée par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 23 août 2026, l’échange s’est déroulé sur le réseau social X, où le patron du RN a répondu à Matthieu Pigasse en estimant qu’il racontait « n’importe quoi ». Cette passe d’armes intervient dans un contexte de campagne présidentielle où les questions budgétaires et la soutenabilité de la dette française occupent une place centrale.

Une proposition défendue par un banquier de gauche

Lors d’un débat organisé avec Manuel Bompard aux universités d’été de La France insoumise samedi, Matthieu Pigasse, également propriétaire de Radio Nova, a apporté son soutien au programme économique du candidat Insoumis. Le banquier d’affaires a notamment affirmé que « ce que vous dites à LFI c’est possible, économiquement », en référence directe à l’annulation d’une partie de la dette publique française. Selon ses déclarations rapportées par Le Figaro, « il y a à peu près 20 % de la dette française qui est détenue par la BCE (Banque centrale européenne, NDLR). Cette dette, elle peut être annulée », et ce, « sans aucun impact économique et sans aucun impact financier ». Il en a tiré la conclusion que « l’on a des marges de manœuvre très importantes » sur le plan budgétaire, une position qui contraste avec le consensus dominant parmi les économistes et les institutions financières.

La réponse cinglante de Jordan Bardella

La réaction de Jordan Bardella ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, le président du Rassemblement national a qualifié les propos de Matthieu Pigasse de « n’importe quoi », sans davantage de nuances. Cette réponse intervient dans un climat politique déjà marqué par des divergences profondes sur la gestion de la dette publique française, qui dépasse les 3 000 milliards d’euros. Pour le parti d’extrême droite, l’annulation de la dette détenue par la BCE représenterait un précédent dangereux, susceptible de fragiliser la crédibilité financière de la France auprès des marchés internationaux. Toutefois, les arguments avancés par le banquier d’affaires reposent sur une lecture spécifique du rôle de la Banque centrale européenne, dont les statuts encadrent strictement les opérations de monétisation de la dette publique.

Un débat économique aux implications majeures

Cette controverse met en lumière les fractures profondes qui traversent le paysage politique français sur la question de la souveraineté budgétaire. D’un côté, les partisans d’une annulation partielle de la dette estiment que la BCE, en tant qu’institution monétaire, dispose de marges de manœuvre théoriques pour effacer une partie des titres qu’elle détient. De l’autre, les opposants, y compris au sein de la majorité présidentielle, soulignent les risques juridiques et financiers d’une telle opération, qui pourrait être interprétée comme une violation des traités européens. Selon plusieurs économistes cités dans le débat public, une telle mesure pourrait également entraîner une hausse des taux d’intérêt sur les marchés obligataires, compromettant ainsi la capacité de financement de l’État français.

Un échange qui illustre les tensions de la campagne

Au-delà de la dimension technique, cet échange illustre les tensions croissantes entre les différents camps politiques à l’approche de l’élection présidentielle. La proposition de Jean-Luc Mélenchon, portée par un banquier d’affaires reconnu, vise à élargir son assise électorale en séduisant un électorat sensible aux questions de justice sociale et de répartition des richesses. Cependant, cette stratégie se heurte à une opposition déterminée, tant à droite qu’au centre, qui y voit une remise en cause des fondamentaux économiques du pays. Les prochaines semaines devraient permettre d’évaluer si cette proposition parviendra à s’imposer dans le débat public ou si elle restera cantonnée à un cercle restreint de partisans, alors que les instituts de sondage continuent de mesurer l’impact des différentes propositions économiques sur les intentions de vote.