L'économie allemande est "plus résiliente que prévu": Berlin relève de 0,8 point sa prévision de croissance pour 2026 et voit le PIB augmenter de 1,3%

## Berlin relève sa prévision de croissance pour 2026 à 1,3 % Le gouvernement allemand a annoncé jeudi avoir relevé sa prévision de croissance pour 2026 à 1,3 %
## Berlin relève sa prévision de croissance pour 2026 à 1,3 %
Le gouvernement allemand a annoncé jeudi avoir relevé sa prévision de croissance pour 2026 à 1,3 %, soit une révision à la hausse de 0,8 point de pourcentage par rapport à sa projection du printemps, selon un communiqué du ministère de l'Économie relayé par BFM Business. Berlin estime que l'économie allemande s'est montrée « plus résiliente que prévu » face aux perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient. Cette annonce intervient deux semaines après une révision similaire opérée par les principaux instituts économiques du pays.
## Un moteur tiré par le commerce extérieur
Selon le ministère de l'Économie, les « impulsions de croissance » devraient provenir avant tout du commerce extérieur, avec une « évolution exceptionnelle » attendue au deuxième trimestre. Le communiqué détaille le mécanisme : « Face aux pénuries à l'échelle mondiale, des reconstitutions de stocks de biens à forte intensité énergétique ont eu lieu, biens qui sont produits en Allemagne. » Ce regain d'activité pour les secteurs industriels lourds constitue un signal positif après plusieurs années de stagnation, imputées principalement au marasme de l'industrie manufacturière allemande.
## Les investissements publics en soutien
La conjoncture est également soutenue par d'importants investissements publics dans la défense et les infrastructures. Ces dépenses, engagées dans un contexte géopolitique tendu, viennent compenser en partie la faiblesse de la demande intérieure. Le gouvernement mise sur cette dynamique pour consolider une reprise encore qualifiée de fragile par les analystes, alors que les freins structurels — coûts de l'énergie, compétitivité industrielle, démographie — demeurent.
## Une consommation privée toujours atone
La consommation des ménages, elle, « devrait dans un premier temps rester modérée », avec une hausse attendue de 0,3 %, contre 1,3 % l'an dernier. Cette prudence s'explique par la flambée des prix de l'énergie et par une propension à l'épargne qui reste élevée en Allemagne. L'inflation a en effet accéléré à 3,3 % en septembre, son niveau le plus haut depuis près de trois ans, ce qui pèse directement sur le pouvoir d'achat des ménages et limite le rebond de la demande intérieure.
## Un enjeu politique pour la coalition
Cette embellie économique pourrait offrir un peu d'air au chancelier conservateur Friedrich Merz, confronté à des tensions au sein de sa coalition et crédité de faibles scores dans les sondages. La croissance retrouvée constituerait un argument politique de poids pour l'exécutif, à condition qu'elle se matérialise durablement. Les économistes appellent toutefois à la prudence : la révision à la hausse repose en partie sur des facteurs conjoncturels, notamment les reconstitutions de stocks, dont la pérennité reste incertaine.
La trajectoire de croissance allemande demeure donc suspendue à la stabilité des prix de l'énergie, à la vigueur du commerce mondial et à la capacité de Berlin à transformer ses investissements publics en gains de productivité durables. Le prochain trimestre sera déterminant pour confirmer ou infirmer cette résilience.