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« L’échec en Iran va le hanter » : pour sortir de l’impasse, Donald Trump change de stratégie face à Téhéran

Une · · Par Claire BERNARD

« L’échec en Iran va le hanter » : pour sortir de l’impasse, Donald Trump change de stratégie face à Téhéran

Frustré par la résilience du régime iranien près de six mois après le début des frappes israélo-américaines, Donald Trump a annoncé un changement de cap majeur

Frustré par la résilience du régime iranien près de six mois après le début des frappes israélo-américaines, Donald Trump a annoncé un changement de cap majeur dans sa politique à l'égard de Téhéran. Le président américain a dévoilé ce qu'il qualifie lui-même de « la plus destructrice opération économique jamais menée contre un pays », renonçant ainsi à une nouvelle escalade militaire au profit d'une stratégie d'asphyxie financière totale. Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette décision, présentée comme un coup de poker, pourrait toutefois se retourner contre son initiateur, qui ne dispose d'aucune garantie de succès à l'issue de ce pari risqué. ## Une rupture stratégique assumée après l'échec des frappes militaires Le constat est sans appel côté américain : les bombardements israélo-américains menés depuis près de six mois n'ont pas produit les effets escomptés. La résilience des Iraniens, régulièrement mise en avant par les observateurs, aurait convaincu l'administration Trump de la nécessité d'emprunter une voie alternative. D'après le décryptage publié par le quotidien français, le président américain aurait personnellement tranché en faveur d'une approche économique radicale, abandonnant l'idée d'un énième round de frappes aériennes dont l'efficacité semblait de plus en plus contestée. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a menacé de « terribles répercussions économiques » tout État qui maintiendrait des rapports commerciaux avec le régime iranien. Plus précisément, il a visé les institutions financières, les entreprises, les aéroports et les entités gouvernementales étrangères qui fourniraient à Téhéran « la moindre bouée de sauvetage ». Cette formulation, particulièrement large, semble destinée à créer un effet de dissuasion maximal auprès des partenaires commerciaux de l'Iran, qu'ils soient étatiques ou privés. ## Une « double estocade » économique et navale Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a renchéri en évoquant une « double estocade » contre l'économie iranienne. Selon ses déclarations rapportées par Le Figaro, au blocus naval existant s'ajouterait désormais une pression financière sans précédent, visant à couper toutes les sources de revenus restantes du régime. Cette stratégie combinée pourrait avoir des conséquences considérables sur le commerce maritime dans la région du golfe Persique, déjà fortement perturbé par les tensions militaires récentes. L'objectif affiché de cette opération économique d'ampleur inédite serait double. Il s'agirait, d'une part, d'obliger Téhéran à négocier la réouverture du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour une part significative du pétrole mondial, et d'autre part, d'obtenir le démantèlement du programme nucléaire iranien. Ces deux exigences, présentées comme non négociables par l'administration américaine, constituent le cœur des revendications américaines depuis le début de la crise. ## Des conséquences économiques collatérales aux États-Unis La guerre au Moyen-Orient a déjà des répercussions concrètes sur le territoire américain, notamment à travers la hausse des prix du carburant, comme le souligne le reportage photographique accompagnant l'article du Figaro. Cette situation pourrait peser sur l'opinion publique américaine à l'approche des échéances électorales, d'autant plus que la nouvelle stratégie économique de Donald Trump ne garantit pas un dénouement rapide de la crise. Le pari présidentiel repose sur l'hypothèse que l'asphyxie économique finira par avoir raison de la résistance iranienne. Cependant, les précédents historiques en matière de sanctions économiques contre des régimes considérés comme des adversaires des États-Unis montrent que ces mesures produisent rarement des effets immédiats. La capacité de l'Iran à contourner les sanctions, développée au fil des décennies d'isolement partiel, pourrait également limiter l'efficacité de cette nouvelle approche. ## Un pari politique risqué pour le président américain L'expression « L'échec en Iran va le hanter », qui sert de titre à l'analyse du Figaro, résume bien le sentiment qui prévaut parmi les observateurs de la politique étrangère américaine. Donald Trump, qui a fait de la fermeté face à Téhéran l'un des axes majeurs de sa politique étrangère, se trouverait dans une position délicate : ni la voie militaire ni la voie économique ne semblent en mesure de produire une victoire rapide et décisive. Cette situation pourrait avoir des implications politiques intérieures non négligeables pour le président américain. La hausse des prix du carburant, directement liée aux tensions dans le détroit d'Ormuz, touche le portefeuille des électeurs américains et pourrait alimenter un mécontentement croissant. Dans ce contexte, la nouvelle stratégie économique apparaît comme un double pari : celui de l'efficacité des sanctions renforcées contre l'Iran, mais aussi celui de la patience de l'opinion publique américaine face à une crise qui s'installe dans la durée.