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L’Assemblée adopte pour la troisième fois la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté

Une · · Par Claire BERNARD

L’Assemblée adopte pour la troisième fois la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté

L’Assemblée nationale a adopté ce mardi 30 juin 2026, pour la troisième fois en deux ans, la proposition de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté, p

L’Assemblée nationale a adopté ce mardi 30 juin 2026, pour la troisième fois en deux ans, la proposition de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté, par 295 voix contre 232. Ce nouveau vote, qui marque une étape clé dans le parcours législatif du texte, intervient après des mois de débats houleux et de mobilisations citoyennes. Le texte doit désormais repartir une dernière fois au Sénat avant un vote définitif prévu le 15 juillet prochain au Palais Bourbon. ## Un vote serré qui reflète des divisions persistantes Selon des informations rapportées par Le Figaro, ce troisième vote à l’Assemblée nationale s’est soldé par une avance de seulement 63 voix en faveur des partisans de l’aide à mourir, contre 73 voix d’écart lors du précédent scrutin en mars 2026. Cette réduction de l’écart pourrait être interprétée comme un signe de la persistance des oppositions, malgré les efforts des défenseurs du texte. En mai 2025, lors de la première lecture, le texte avait été adopté par 305 voix contre 199, soit une majorité plus confortable. Les détracteurs de la loi, qui alertent depuis des mois sur ses « biais et possibles dérives », voient dans ce resserrement des votes un motif de satisfaction. Selon eux, la diminution progressive du nombre de députés favorables témoignerait d’une prise de conscience des enjeux éthiques et médicaux soulevés par la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Le débat, qui traverse tous les camps politiques, semble loin d’être clos. ## Des clivages politiques et sociétaux profonds Comme sur la plupart des sujets sociétaux, les positions des députés se sont révélées particulièrement divisées. Des macronistes au Rassemblement national, en passant par les autres formations politiques, chaque groupe a vu ses rangs se fragmenter. Certains élus, bien que membres de partis majoritairement favorables au texte, ont exprimé des réserves éthiques ou religieuses, tandis que d’autres, issus de formations opposées, ont voté pour la loi au nom de la liberté individuelle. Cette fragmentation reflète un clivage plus large au sein de la société française. Selon plusieurs sondages réalisés ces derniers mois, l’opinion publique demeure partagée : une majorité de Français se dit favorable à une évolution de la législation sur la fin de vie, mais des inquiétudes persistent quant aux conditions d’application et aux risques de dérive. Les associations de patients et de soignants, quant à elles, restent divisées, certaines plaidant pour un encadrement strict, d’autres pour un rejet pur et simple du texte. ## Le Sénat, dernier obstacle avant le vote final Après ce troisième vote à l’Assemblée, le texte doit désormais repartir au Sénat, où les débats s’annoncent tout aussi tendus. La chambre haute, historiquement plus conservatrice sur les questions de société, avait déjà rejeté ou amendé significativement les versions précédentes de la proposition de loi. Les sénateurs pourraient, cette fois encore, tenter de durcir les conditions d’accès à l’euthanasie et au suicide assisté, ou d’introduire des clauses de conscience élargies pour les médecins. Si le Sénat adopte le texte en l’état, le vote définitif à l’Assemblée nationale, prévu le 15 juillet, pourrait sceller l’adoption de cette loi historique. En revanche, si des divergences persistent, une commission mixte paritaire pourrait être convoquée pour tenter de trouver un compromis. Dans un contexte de fin de session parlementaire, le calendrier reste serré, et les partisans de l’aide à mourir redoutent un possible enterrement du texte. Quoi qu’il en soit, ce troisième vote à l’Assemblée marque une nouvelle étape dans un processus législatif long et complexe, qui pourrait aboutir à l’une des réformes sociétales les plus importantes de la décennie. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si la France rejoindra le cercle restreint des pays autorisant l’euthanasie et le suicide assisté, ou si le texte sera finalement abandonné.