Onyx Infos

L'armée israélienne reconnaît avoir tiré sur la voiture de Hind Rajab, tuée à cinq ans à Gaza

Monde · · Par Claire BERNARD

L'armée israélienne reconnaît avoir tiré sur la voiture de Hind Rajab, tuée à cinq ans à Gaza

L'armée israélienne a reconnu mercredi que ses troupes avaient ouvert le feu contre la voiture dans laquelle se trouvait Hind Rajab, une enfant palestinienne de

L'armée israélienne a reconnu mercredi que ses troupes avaient ouvert le feu contre la voiture dans laquelle se trouvait Hind Rajab, une enfant palestinienne de cinq ans tuée en janvier 2024 à Gaza. Selon des informations rapportées par RFI, cette admission intervient après des investigations préliminaires sur une affaire qui avait suscité une vague d'indignation à l'échelle internationale, et s'accompagne de l'annonce de l'ouverture d'une enquête approfondie. ### Une reconnaissance tardive après des mois de contestations D'après les éléments relayés par RFI, l'état-major israélien a donc confirmé que ses soldats avaient bien tiré sur le véhicule où se trouvait la fillette, alors que celle-ci cherchait à fuir les combats dans le quartier de Tel al-Hawa, à Gaza City. Ce n'est que mercredi que cette responsabilité a été officiellement admise, après des semaines de dénégations et de demandes de preuves formulées par les organisations de défense des droits humains. La scène, reconstituée par des appels téléphoniques passés par la famille et par des enregistrements audio, avait profondément ému l'opinion publique mondiale, d'autant plus que les secouristes dépêchés sur place avaient également été touchés par des tirs. ### Les circonstances du drame et les zones d'ombre persistantes Selon le récit rapporté par les médias internationaux, Hind Rajab se trouvait dans la voiture de son oncle lorsque celle-ci a été prise pour cible. Les appels désespérés de la petite fille au Croissant-Rouge palestinien, durant lesquels elle décrivait les corps de ses proches autour d'elle, avaient été diffusés largement, provoquant une émotion considérable. L'armée israélienne, qui avait initialement affirmé ne pas avoir connaissance de cet incident, semble désormais reconnaître l'implication de ses forces. Toutefois, les modalités exactes de l'engagement, le nombre de tirs et les raisons pour lesquelles le véhicule a été visé ne sont pas encore précisés dans les conclusions préliminaires citées par RFI. L'enquête annoncée devra déterminer si les tirs étaient dirigés contre la voiture ou s'il s'agit d'un tir de barrage dans un contexte de combats intenses. ### Une affaire devenue symbole de la guerre à Gaza Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large, celui de l'offensive militaire israélienne menée dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Le décès de Hind Rajab est devenu un symbole de la souffrance des civils palestiniens, notamment des enfants, pris dans les violences. Des organisations comme Amnesty International ou l'ONU avaient appelé à une enquête indépendante, estimant que les circonstances de ce décès devaient être établies avec transparence. La reconnaissance par l'armée israélienne, bien que tardive, pourrait ouvrir la voie à des mesures disciplinaires ou à des poursuites, selon ce que révélera l'enquête interne. Par ailleurs, ce cas pourrait également alimenter les procédures en cours devant la Cour pénale internationale, où des plaintes pour crimes de guerre ont été déposées concernant le conflit à Gaza. ### Les implications pour l'armée israélienne et la suite du processus L'annonce de cette enquête intervient alors que l'armée israélienne fait l'objet de critiques récurrentes concernant son respect du droit international humanitaire. Selon des sources militaires citées par RFI, les investigations préliminaires auraient mis en évidence des « écarts » entre les procédures standard et les actions menées sur le terrain ce jour-là. Toutefois, il semblerait que la hiérarchie militaire privilégie une lecture contextuelle, rappelant la densité des combats urbains et la difficulté à distinguer les combattants des civils. Cette position pourrait ne pas suffire à apaiser les critiques, d'autant plus que la famille de Hind Rajab, ainsi que les avocats de la société civile palestinienne, exigent que l'enquête soit rendue publique et que les conclusions soient détaillées. Il est encore trop tôt pour savoir si cette reconnaissance marquera un tournant dans la communication de l'armée israélienne sur les incidents impliquant des civils, ou si elle restera un cas isolé. La pression internationale, conjuguée aux procédures judiciaires en cours, pourrait toutefois contraindre Tsahal à adopter une approche plus systématique dans la documentation de ses opérations.