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L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont d'autres accès maritimes mais pas le Koweït, le Qatar et le Bahreïn: les pays du Golfe peuvent-ils se passer du détroit d'Ormuz?

Economie · · Par Julie MOREAU

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont d'autres accès maritimes mais pas le Koweït, le Qatar et le Bahreïn: les pays du Golfe peuvent-ils se passer du détroit d'Ormuz?

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont d'autres accès maritimes, mais pas le Koweït, le Qatar et le Bahreïn : les pays du Golfe peuvent-ils se passer

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont d'autres accès maritimes, mais pas le Koweït, le Qatar et le Bahreïn : les pays du Golfe peuvent-ils se passer du détroit d'Ormuz ?

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient prennent une tournure significative. Depuis le 28 février 2026, date marquée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran, les monarchies du Golfe ressentent la nécessité de diversifier leurs routes d'exportation, particulièrement celles passant par le détroit d'Ormuz. Cette voie maritime, vitale pour le transport des hydrocarbures, est devenue un point névralgique, surtout pour le Koweït, le Qatar et le Bahreïn, qui n'ont d'autres options que de l'utiliser.

Une dépendance qui fragilise

Koweït, Qatar et Bahreïn se trouvent dans une situation délicate. En effet, ces trois pays sont totalement tributaires du détroit d'Ormuz, par lequel transitaient près de 20 millions de barils de brut et de produits pétroliers par jour en 2025, selon des données fournies par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette dépendance les expose à des risques accrus face à la montée des tensions avec l'Iran, qui a renforcé sa présence militaire dans la région ces derniers mois.

Exploration d'alternatives

À l'inverse, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont commencé à explorer des alternatives. Ces deux pays possèdent déjà des infrastructures d'oléoducs reliant la mer Rouge et le golfe d'Oman, ce qui leur confère une certaine marge de manœuvre. Cependant, ces infrastructures, bien que prometteuses, demeurent insuffisantes pour garantir une indépendance totale. Badr Jafar, émissaire spécial des Émirats, a évoqué des projets d'expansion, déclarant : "Les oléoducs seront étendus. Les capacités portuaires seront développées." Ces initiatives visent à diminuer la dépendance au détroit d'Ormuz et à sécuriser les voies commerciales face aux incertitudes géopolitiques.

Coopération logistique en augmentation

Depuis le début du conflit, une intensification de la coopération logistique entre les pays du Golfe s'observe. Plusieurs initiatives ont été mises en place pour établir des corridors commerciaux alternatifs, ce qui pourrait compenser la menace pesant sur le détroit d'Ormuz. Ce renforcement des relations intergouvernementales pourrait transformer la gestion des ressources et du commerce dans la région.

Des rivalités internes à surmonter

Cependant, des rivalités économiques internes viennent compliquer cette transition. Les relations entre les différents pays du Golfe ne sont pas exemptes de tensions historiques, ce qui peut entraver l'unité nécessaire pour développer des solutions durables. Les enjeux liés à l'accès aux marchés et aux ressources naturelles ajoutent une complexité supplémentaire aux discussions en cours.

Une situation incertaine pour l'avenir

La situation au Moyen-Orient demeure volatile et imprévisible. Les pays du Golfe doivent jongler entre leurs intérêts économiques et les menaces géopolitiques qui pèsent sur eux. Cette dynamique pourrait engendrer une reconfiguration des alliances régionales et de nouvelles stratégies économiques pour sécuriser leurs approvisionnements.

Les initiatives actuellement en cours pourraient se concrétiser dans les mois à venir. Les pays de la région semblent se préparer à formaliser de nouveaux corridors commerciaux d'ici fin 2026, ce qui pourrait marquer un tournant dans la manière dont ils envisagent leur avenir économique. La capacité des monarchies du Golfe à s'adapter à ces défis sera déterminante pour leur stabilité et leur prospérité dans les années à venir.