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L’ancien premier ministre Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans

Une · · Par Claire BERNARD

L’ancien premier ministre Édouard Balladur est mort à l’âge de 97 ans

L'ancien premier ministre Édouard Balladur est décédé lundi à Paris à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille, selon des informations rapportées par Le Figaro. De

L'ancien premier ministre Édouard Balladur est décédé lundi à Paris à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille, selon des informations rapportées par Le Figaro. Dernier chef du gouvernement de François Mitterrand, il restera dans l'histoire politique comme « l'ami de trente ans » de Jacques Chirac devenu son rival lors d'une campagne présidentielle de 1995 féroce qui a mis un terme à ses ambitions. Une messe sera donnée dans la stricte intimité familiale, ont précisé ses proches, sans apporter davantage de précisions sur les circonstances de sa disparition. ## Une carrière politique marquée par la cohabitation Édouard Balladur a occupé une place singulière dans la vie politique française, d'abord dans l'ombre des grands, puis au premier plan. Selon le récit qu'il a lui-même livré, le destin l'a « quatre fois mis dans des positions difficiles » : en mai 68, sans responsabilité directe dans l'action ; en 1973-1974, lorsque sa fonction à l'Élysée et le mandat confié par Georges Pompidou lui ont conféré des responsabilités plus importantes qu'à l'ordinaire, ce qui lui fut reproché ; en 1986-1988, comme membre du gouvernement de Jacques Chirac en charge de tout le secteur économique et financier, avec pour tâche d'assurer le redressement du pays avec une très grande liberté d'action ; et enfin en 1993-1995, comme premier ministre de la cohabitation. Cette dernière période l'a installé dans le paysage politique comme un homme de gestion rigoureuse, crédité d'avoir mené une politique de redressement des comptes publics dans un contexte européen tendu. Ses années à Matignon ont été saluées par ses partisans comme un modèle de stabilité, tandis que ses détracteurs lui reprochaient une certaine distance avec les réalités populaires. ## La rupture avec Jacques Chirac et la campagne de 1995 La campagne présidentielle de 1995 constitue le tournant majeur de sa trajectoire politique. D'après les éléments rapportés par Le Figaro, la rivalité entre Édouard Balladur et Jacques Chirac, qui se connaissaient depuis trois décennies, a pris une dimension particulièrement aigüe durant cette période. Les deux hommes, issus du même camp, se sont affrontés avec une vigueur qui a profondément marqué les mémoires politiques. Les sondages donnaient alors le premier ministre sortant en position favorable, avant que la dynamique ne s'inverse au profit du maire de Paris, qui l'emporta au second tour. Cette défaite a sonné le glas des ambitions présidentielles d'Édouard Balladur, qui s'est ensuite progressivement retiré de la vie politique active. Il s'est consacré à la réflexion et à l'écriture, publiant plusieurs ouvrages où il analysait l'exercice du pouvoir et l'évolution de la société française. ## Un héritage contrasté dans la mémoire collective Les hommages rendus après sa mort évoquent « un serviteur exigeant » pour la France, « un grand homme d'État », « une référence », selon des propos rapportés par le quotidien. Cette reconnaissance tardive contraste avec la défiance qu'il a pu susciter à certains moments de sa carrière, notamment en raison de son style jugé technocratique et de sa proximité avec les milieux d'affaires. Son passage à Matignon a néanmoins laissé des traces durables dans la gestion publique, notamment en matière de maîtrise des dépenses et de politique de l'emploi. Les observateurs notent que sa conception de l'État, à la fois libérale sur le plan économique et conservatrice sur les valeurs, a influencé une génération de responsables politiques, bien au-delà de son propre camp. La question de son héritage politique demeure ouverte, alors que les débats sur la rigueur budgétaire et le rôle de l'État continuent d'irriguer la vie publique française.