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L’Allemagne invitée d’honneur de Vivatech - 15/06

Economie · · Par Julie MOREAU

L’Allemagne invitée d’honneur de Vivatech - 15/06

# L’Allemagne, invitée d’honneur de Vivatech 2025 : un signal fort pour la tech européenne Le salon Vivatech, grand rendez-vous parisien de l’innovation et des

# L’Allemagne, invitée d’honneur de Vivatech 2025 : un signal fort pour la tech européenne Le salon Vivatech, grand rendez-vous parisien de l’innovation et des start-up, a choisi l’Allemagne comme invitée d’honneur pour son édition 2025, qui se tiendra du 11 au 14 juin à Paris Expo Porte de Versailles. Cette décision, officialisée le 15 juin, marque une volonté de renforcer les liens technologiques entre les deux premières économies européennes, dans un contexte de compétition mondiale accrue sur l’intelligence artificielle et la deep tech. La présence allemande, orchestrée notamment par Doris Birkhofer, directrice générale de Siemens France, devrait permettre de mettre en lumière les forces industrielles et numériques de l’outre-Rhin. ## Une vitrine pour l’écosystème tech allemand ### Un partenariat stratégique franco-allemand L’Allemagne, en tant qu’invitée d’honneur, bénéficiera d’un espace dédié au sein de Vivatech, où une centaine de start-up et de scale-up allemandes seront présentées aux investisseurs et visiteurs internationaux. Selon les informations rapportées par BFM Business, cette initiative vise à promouvoir l’innovation made in Germany dans des secteurs clés comme l’industrie 4.0, la mobilité durable, l’énergie et la santé numérique. Doris Birkhofer, interrogée sur le sujet, a souligné l’importance de ce partenariat pour « créer des ponts entre les écosystèmes français et allemands », dans un marché européen qui doit faire face à la concurrence des géants américains et chinois. Cette annonce intervient alors que l’Allemagne traverse une période de transition économique, marquée par une croissance atone et des défis structurels dans son industrie automobile traditionnelle. La participation à Vivatech pourrait représenter une opportunité de redynamiser son image technologique et d’attirer des capitaux étrangers, notamment dans l’intelligence artificielle, où le pays accuse un certain retard par rapport à la France ou au Royaume-Uni. ### Des acteurs industriels de premier plan Parmi les entreprises allemandes attendues, Siemens figure en bonne place. Doris Birkhofer, qui dirige la filiale française du géant industriel, a confirmé que le groupe présenterait ses dernières innovations en matière de jumeaux numériques et d’automatisation industrielle. Ce choix de Vivatech n’est pas anodin : Siemens cherche à renforcer sa présence dans l’écosystème start-up français, déjà très actif dans la deep tech, avec des licornes comme Mistral AI ou Dataiku. D’autres fleurons allemands, comme SAP, Bosch ou Deutsche Telekom, devraient également être présents, aux côtés de jeunes pousses issues des universités techniques de Munich, Berlin ou Karlsruhe. L’objectif affiché est de démontrer que l’Allemagne n’est pas seulement une puissance industrielle, mais aussi un vivier d’innovation numérique capable de rivaliser avec les hubs établis. ## Un enjeu politique et économique pour l’Europe ### Concurrence et coopération transfrontalière Le choix de l’Allemagne comme invitée d’honneur intervient dans un climat de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine, et alors que l’Union européenne cherche à renforcer sa souveraineté technologique. La France et l’Allemagne, qui représentent ensemble près de 40 % du PIB de la zone euro, tentent de coordonner leurs efforts pour créer des champions européens de l’IA, des semi-conducteurs et du cloud. Vivatech, qui a déjà accueilli des pays comme l’Inde ou le Japon, constitue une plateforme idéale pour ces rapprochements. En 2025, le salon devrait attirer plus de 150 000 visiteurs et 3 000 exposants, selon les organisateurs. La présence allemande pourrait également faciliter les échanges entre fonds d’investissement français et allemands, dans un secteur où le financement en capital-risque reste fragmenté à l’échelle européenne. ### Des défis persistants Malgré cette dynamique positive, des obstacles demeurent. Les écarts de culture entrepreneuriale entre les deux pays, notamment en matière de prise de risque et de financement des start-up, pourraient limiter les synergies. Par ailleurs, l’Allemagne doit composer avec une pénurie de talents numériques et une bureaucratie parfois lourde, qui freinent l’émergence d’un écosystème aussi agile que celui de la French Tech. Reste que cette invitation d’honneur, officialisée le 15 juin, envoie un signal fort : celui d’une Europe qui mise sur la coopération industrielle et technologique pour peser dans la compétition mondiale. Les prochains mois diront si cette ambition se concrétise, au-delà des discours et des stands du salon.