L’alarmante percée du crack, cette drogue du « zombie » qui éclabousse la France

L’alarmante percée du crack, cette drogue du « zombie » qui éclabousse la France Longtemps cantonné aux marges de la capitale, le trafic de crack, puissant déri
L’alarmante percée du crack, cette drogue du « zombie » qui éclabousse la France
Longtemps cantonné aux marges de la capitale, le trafic de crack, puissant dérivé de la cocaïne, connaît une expansion géographique significative sur l’ensemble du territoire national. Selon une enquête du Figaro publiée le 19 août 2026, des métropoles régionales jusqu’à des communes de montagne, la présence de cette drogue dure se matérialise désormais par des scènes ouvertes de consommation et une recomposition des publics touchés. Les forces de l’ordre, qui multiplient les opérations de « pilonnage » pour tenter de contenir la propagation, semblent confrontées à un phénomène dont la mobilité constitue la principale caractéristique.
## Un phénomène qui déborde du cadre parisien
La « tribu des zombies », expression employée par le quotidien pour désigner les fumeurs de crack, ne se limite plus aux arrondissements du nord-est de Paris ni aux squats de la petite ceinture. D’après les éléments rapportés par Le Figaro, cette communauté interlope, essentiellement composée de personnes en grande précarité, se déplace désormais pour échapper aux pressions policières. Les dealers, qui écoulent à bas prix les « cailloux » blanchâtres, installent leurs points de vente dans des zones où la demande émerge, avant de se délocaliser à nouveau dès que la pression des forces de l’ordre s’intensifie. Cette stratégie d’évitement complique considérablement le travail de cartographie des services spécialisés, qui peinent à stabiliser une photographie précise du trafic.
La trajectoire du crack épouserait, selon les spécialistes, les routes déjà empruntées par la cocaïne, dont il constitue un dérivé économique. Le Figaro souligne en effet que la fabrication du crack nécessite un investissement initial modeste, ce qui expliquerait sa diffusion rapide dans des territoires jusqu’alors épargnés. Des villes moyennes, mais également des zones rurales et des communes de montagne, seraient concernées, selon le quotidien, qui évoque une « gangrène » aux ramifications multiples.
## Marseille, vitrine fragilisée
La situation décrite à Marseille apparaît particulièrement alarmante. Le Figaro rapporte en effet que la cité phocéenne, présentée comme la « vitrine du macronisme », verrait chaque jour des personnes sous emprise du crack errer dans le centre-ville, y compris lors des épisodes de forte chaleur. Le tableau dressé par l’enquête évoque des « zombies » de plus en plus nombreux, dont l’état de santé physique et mentale se dégraderait rapidement. Les riverains et les commerçants, confrontés à ces scènes quotidiennes, témoigneraient d’un sentiment d’abandon face à un phénomène qui dépasse les seules compétences municipales.
Cette extension géographique s’accompagnerait également d’une évolution du profil des consommateurs. Si la précarité reste le principal vecteur de recrutement, Le Figaro indique que les toxicomanes « ne sont plus forcément des marginaux ». Des personnes insérées professionnellement, parfois issues de catégories socioprofessionnelles supérieures, seraient également touchées, ce qui brouille les représentations traditionnelles associées à cette drogue. Cette diversification des publics compliquerait d’autant plus les stratégies de prévention et de prise en charge sanitaire.
## Un défi pour les politiques publiques
L’Ofast, l’Office anti-stupéfiants cité dans l’enquête, serait mobilisé sur l’ensemble du territoire pour tenter d’endiguer ce phénomène. Toutefois, les moyens alloués aux forces de l’ordre semblent insuffisants face à un trafic dont la flexibilité opérationnelle constitue la force principale. Selon des informations rapportées par Le Figaro, chaque démantèlement de point de deal ne ferait que déplacer le problème vers des zones voisines, créant un effet de vases communicants difficile à maîtriser.
La question de la prise en charge sanitaire des consommateurs se pose également avec acuité. Les services d’addictologie, déjà saturés dans plusieurs régions, devraient faire face à une demande croissante, d’autant plus que les dommages neurologiques liés à la consommation de crack sont particulièrement rapides et sévères. Les professionnels de santé alertent sur la nécessité de renforcer les dispositifs de réduction des risques, alors que les structures d’accueil existantes peinent à absorber le flux de nouveaux patients. L’enquête du Figaro, publiée à quelques semaines de la rentrée politique, pourrait relancer le débat sur l’efficacité des politiques répressives face à un phénomène qui semble, pour l’heure, gagner du terrain.