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Kiev estime que plus de 200 ont été touchées depuis juillet: les multiples frappes russes sur les stations-services ukrainiennes inquiètent les civils mais ne perturbent pas du tout l'armée

Economie · · Par Julie MOREAU

Kiev estime que plus de 200 ont été touchées depuis juillet: les multiples frappes russes sur les stations-services ukrainiennes inquiètent les civils mais ne perturbent pas du tout l'armée

# Carburant : plus de 200 stations-services ukrainiennes touchées par les frappes russes depuis juillet L'armée russe a intensifié ses frappes contre le réseau

# Carburant : plus de 200 stations-services ukrainiennes touchées par les frappes russes depuis juillet L'armée russe a intensifié ses frappes contre le réseau de distribution de carburant en Ukraine depuis l'été, ciblant principalement les stations-services situées le long des axes logistiques menant au front. Selon les médias ukrainiens, plus de 200 stations ont été touchées depuis juillet, une stratégie qui vise à paralyser la logistique et à semer la panique parmi la population civile à l'approche de l'hiver. L'état-major ukrainien affirme toutefois que l'approvisionnement de ses troupes reste préservé. ## Une scène devenue banale près d'Izioum Vers Izioum, dans l'est de l'Ukraine, une station-service vient d'être réduite en cendres après une frappe. Une traînée dans le ciel, puis une détonation sourde : le scénario se répète presque quotidiennement. David Akopyan, pompiste de 35 ans, déambule parmi les décombres de ce qui était son lieu de travail. Quelques minutes avant l'impact, il venait de fermer la station face au risque de bombardement. "J'ai tiré la rubalise, chassé tout le monde, j'avais à peine atteint ma voiture que j'ai entendu le sifflement du missile", raconte-t-il, désignant un petit local éventré. Les blocs de béton censés protéger le magasin n'ont été d'aucune utilité. Peu après, des roquettes tirées depuis le front, situé à une trentaine de kilomètres, ont achevé les installations. La voiture du pompiste, criblée d'impacts, gît parmi des étendues de tôles froissées. Le panneau central de la station affiche encore le prix du sans-plomb 95, dressé au milieu des décombres comme un vestige ironique. "Il nous reste deux ou trois stations en ville, je crois", souffle David Akopyan, visiblement désorienté, dans l'attente des directives de sa hiérarchie. ## Une stratégie de harcèlement plus que de paralysie Depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022, la Russie attaque régulièrement les capacités énergétiques ukrainiennes. Mais ces derniers mois, le ciblage s'est précisé : le réseau de distribution de carburant est désormais dans le viseur de Moscou. Les frappes se concentrent principalement dans l'est et le nord-est du pays, le long des axes logistiques qui approvisionnent les unités combattantes. Cette tactique s'apparente à un harcèlement méthodique, visant à perturber la vie civile et à créer un sentiment d'insécurité généralisée. Pour la population, les conséquences sont immédiates : files d'attente aux pompes restantes, inquiétude croissante à l'approche de l'hiver, et sentiment d'abandon dans les zones les plus exposées. Les stations encore opérationnelles rouvrent rapidement leurs portes, selon les témoignages recueillis, mais la pression psychologique demeure. ## Une logistique militaire jugée résiliente Côté militaire, le constat diffère. L'armée ukrainienne affirme que son approvisionnement en carburant reste intact, les dépôts et les infrastructures critiques étant davantage protégés ou dispersés. Les frappes sur les stations-services, si elles inquiètent les civils, ne perturberaient pas significativement les opérations sur le front. Cette résilience s'explique par une organisation logistique décentralisée et des capacités de réparation rapides, mais aussi par l'adaptation constante des itinéraires d'approvisionnement. Alors que l'hiver approche, cette guerre d'usure sur les infrastructures de carburant pourrait s'intensifier, testant la capacité de résistance de la population ukrainienne face à une stratégie qui semble viser autant le moral que la logistique.