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Khaled Maalej (VSORA) : VSORA, des puces consacrées à l'inférence de l'IA - 13/10

Economie · · Par Julie MOREAU

Khaled Maalej (VSORA) : VSORA, des puces consacrées à l'inférence de l'IA - 13/10

## VSORA : des puces dédiées à l'inférence, un pari industriel face aux géants du calcul VSORA, jeune entreprise française spécialisée dans les semi-conducteurs

## VSORA : des puces dédiées à l'inférence, un pari industriel face aux géants du calcul VSORA, jeune entreprise française spécialisée dans les semi-conducteurs, place l'inférence — c'est-à-dire l'exécution des modèles d'intelligence artificielle une fois entraînés — au cœur de sa stratégie. Khaled Maalej, son dirigeant, a présenté cette approche dans l'émission Tech & Co de BFM Business, le 13 octobre. L'objectif affiché : concevoir des processeurs taillés spécifiquement pour cette étape, là où la plupart des acteurs du secteur s'appuient encore sur des architectures généralistes. ## Un marché de l'inférence en pleine expansion L'inférence désigne le moment où un modèle d'IA déjà entraîné produit une réponse : reconnaître une image, traduire un texte, piloter une fonction embarquée. Longtemps reléguée au second plan derrière l'entraînement des modèles, cette phase gagne en importance à mesure que les services d'IA se déploient à grande échelle. Les contraintes y sont différentes : il faut consommer peu d'énergie, répondre en temps réel et limiter les coûts par requête. C'est précisément sur ce terrain que VSORA entend se positionner, selon les propos tenus par Khaled Maalej sur BFM Business. ## Des puces pensées pour l'exécution, pas l'entraînement La distinction est structurante. L'entraînement de grands modèles mobilise des grappes de processeurs graphiques très coûteuses et énergivores. L'inférence, elle, doit descendre en puissance et en prix pour équiper des serveurs, des véhicules ou des objets connectés. VSORA revendique une architecture dédiée à cette charge de travail, avec l'ambition affichée de rivaliser sur le rapport performance-par-watt. Cette approche s'inscrit dans une tendance de fond : la multiplication des puces spécialisées, portée par des acteurs qui cherchent à desserrer la dépendance aux fournisseurs dominants du secteur. ## Un écosystème français de l'IA en effervescence La présentation de VSORA s'inscrit dans une séquence médiatique dense. Le même jour, BFM Business recevait Jean-Baptiste Kempf, de Kyber, sur le pilotage de robots à distance, ou encore Julien Lesaicherre, d'ElevenLabs, sur la voix artificielle. La veille, Aude Durand évoquait AI Pulse, l'événement organisé par Scaleway à Station F pour réunir l'écosystème français de l'IA. Autant de signaux d'une filière qui se structure, du logiciel jusqu'au silicium, avec l'ambition de peser face aux acteurs américains et asiatiques. ## Les défis d'une jeune pousse du silicium Concevoir un processeur reste un pari industriel lourd : cycles de développement longs, coûts de fabrication élevés, dépendance aux fonderies. Pour une structure de la taille de VSORA, la question du financement et de l'accès aux capacités de production s'avère déterminante. Le succès dépendra aussi de l'adoption par les clients : sans intégration dans des produits commercialisés, la meilleure architecture reste théorique. Le segment de l'inférence, très disputé, attire déjà des champions établis comme des start-up financées massivement. La trajectoire de VSORA illustre une conviction partagée par une partie de la filière : l'IA ne se jouera pas uniquement dans les modèles, mais aussi dans les puces qui les font tourner. Reste à transformer cette intuition technologique en position industrielle durable.