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"Jusqu'à 100 millions de barils": Emmanuel Macron annonce que le G7 va libérer des stocks de diesel et de pétrole

Economie · · Par Julie MOREAU

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les pays du G7 allaient procéder à une libération coordonnée de leurs stocks stratégiques de diesel

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que les pays du G7 allaient procéder à une libération coordonnée de leurs stocks stratégiques de diesel et de pétrole, un volume pouvant atteindre 100 millions de barils, selon des propos rapportés par BFM Business. Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés de l'énergie et de volatilité accrue des prix des carburants, qui pèsent directement sur le pouvoir d'achat des ménages et sur les coûts de production des entreprises. ## Une mesure coordonnée au sein du G7 L'annonce, relayée par BFM Business, évoque un volume « jusqu'à 100 millions de barils » puisés dans les réserves stratégiques des pays membres du G7. Cette coordination entre les grandes économies industrialisées vise à envoyer un signal fort aux marchés, en augmentant temporairement l'offre disponible pour contenir la pression sur les prix. Les stocks stratégiques, constitués par les États pour faire face à des ruptures d'approvisionnement, ne sont habituellement mobilisés qu'en dernier recours. Leur activation conjointe constitue donc un geste d'ampleur, dont les modalités précises — calendrier de mise sur le marché, répartition entre les pays, part respective de diesel et de brut — n'ont pas été détaillées publiquement à ce stade. ## Le diesel, un point de vulnérabilité particulier La mention explicite du diesel dans l'annonce n'est pas anodine. Ce carburant, largement utilisé par les poids lourds, les véhicules utilitaires, le secteur agricole et certaines flottes professionnelles, présente une structure d'approvisionnement plus fragile que l'essence dans plusieurs pays européens, dont la France. La dépendance aux importations y est historiquement plus élevée, ce qui rend le marché du gazole particulièrement sensible aux tensions géopolitiques et aux décisions des grands exportateurs. Une libération de stocks dédiée au diesel vise donc un segment où l'effet sur les prix peut être immédiat pour les transporteurs et, par ricochet, sur les coûts logistiques qui se répercutent dans l'ensemble de l'économie. ## Un effet à double tranchant sur les marchés Si l'annonce peut produire un effet psychologique immédiat en calmant les anticipations spéculatives, son impact durable reste incertain. Les réserves stratégiques sont, par nature, limitées : une libération de 100 millions de barils représente un volume significatif à l'échelle mondiale, mais qui reste modeste au regard de la consommation quotidienne des pays du G7, estimée à plusieurs dizaines de millions de barils par jour. Les analystes interrogés par plusieurs médias économiques soulignent que l'effet sur les prix dépendra surtout de la durée du conflit sous-jacent et de la capacité des pays producteurs à compenser les volumes retirés des réserves, qui devront à terme être reconstitués. ## Des répercussions directes pour les ménages et les entreprises En France, l'évolution du prix du gazole est scrutée de près : il constitue un poste de dépense déterminant pour les artisans, les PME du transport et les ménages ruraux et périurbains dépendants de la voiture. Toute détente sur les prix à la pompe aurait un effet direct sur l'inflation, alors que le gouvernement cherche par ailleurs à réduire ses dépenses publiques, comme en témoignent les discussions budgétaires en cours. L'annonce s'inscrit donc dans un double enjeu : répondre à l'urgence énergétique tout en maîtrisant les équilibres budgétaires. La portée réelle de cette libération coordonnée dépendra de sa mise en œuvre effective et de la réaction des marchés dans les prochaines semaines. Les autorités françaises et leurs partenaires du G7 devraient préciser le calendrier et les volumes exacts dans les jours à venir, alors que les prix de l'énergie restent un indicateur central de la conjoncture économique mondiale.