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Jouer au marchand, au docteur ou à la dînette peut favoriser la santé mentale des enfants

Monde · · Par Claire BERNARD

Jouer au marchand, au docteur ou à la dînette peut favoriser la santé mentale des enfants

Longtemps relégué au rang de simple passe-temps, le jeu d’imitation, qu’il s’agisse de « faire la dînette », de « jouer au docteur » ou « au marchand », pourrai

Longtemps relégué au rang de simple passe-temps, le jeu d’imitation, qu’il s’agisse de « faire la dînette », de « jouer au docteur » ou « au marchand », pourrait bien être un outil de prévention insoupçonné pour la santé mentale des plus jeunes. Une étude récente, dont les résultats ont été rapportés par RFI, suggère que ces activités ludiques jouent un rôle fondamental dans le développement émotionnel et cognitif des enfants, contribuant potentiellement à atténuer certaines difficultés psychologiques futures.

Le « faire semblant », un laboratoire des émotions

Selon des informations relayées par RFI, le fait de « faire semblant » ne serait pas un simple divertissement, mais une activité structurante pour le cerveau de l’enfant. En incarnant un personnage, comme un médecin rassurant ou un marchand comptant la monnaie, l’enfant expérimente des rôles sociaux, apprend à gérer des situations nouvelles et, surtout, met en scène ses propres émotions. Cette capacité à se décentrer de soi-même pour entrer dans la peau d’un autre serait un puissant levier de régulation émotionnelle. L’étude citée par RFI indiquerait que ces jeux pourraient ainsi prévenir l’apparition de troubles anxieux ou de difficultés relationnelles en offrant un espace sécurisé pour apprivoiser la peur, la frustration ou l’empathie.

Un impact mesuré sur le développement cognitif

Au-delà de l’aspect émotionnel, les jeux d’imitation sollicitent également des fonctions cognitives supérieures. Lorsqu’un enfant organise une dînette, il doit planifier une séquence d’actions, négocier les règles du jeu avec ses camarades et faire preuve de créativité. Cette gymnastique mentale, selon les conclusions de l’étude, renforcerait des compétences essentielles telles que la mémoire de travail, la flexibilité mentale et le contrôle inhibiteur. En d’autres termes, « jouer au marchand » oblige l’enfant à compter, à attendre son tour et à s’adapter aux improvisations de son partenaire de jeu, des aptitudes qui sont directement transférables à l’environnement scolaire et social. Les chercheurs, cités par RFI, estiment que ces interactions ludiques pourraient constituer un indicateur fiable du développement harmonieux de l’enfant.

Une prévention accessible dès le plus jeune âge

L’un des aspects les plus frappants de cette recherche est la simplicité et l’accessibilité de l’outil préventif qu’elle met en lumière. Contrairement à des dispositifs cliniques complexes, le jeu d’imitation ne nécessite aucun matériel coûteux ni intervention spécialisée. Les parents, les éducateurs et les structures d’accueil pourraient donc être encouragés à valoriser ces moments de jeu libre et spontané. L’étude suggère que laisser les enfants inventer leurs propres scénarios, plutôt que de leur imposer des jeux structurés, serait particulièrement bénéfique. « Faire semblant » deviendrait ainsi une forme de « gymnasique psychique » quotidienne, un rempart naturel contre les tensions accumulées. Cette perspective pourrait, selon les experts interrogés par RFI, modifier les approches éducatives en mettant l’accent sur le jeu comme pilier de la santé mentale infantile.

Des implications pour les politiques éducatives

Ces résultats, s’ils sont confirmés par des études longitudinales plus vastes, pourraient avoir des répercussions concrètes sur les politiques de la petite enfance. Intégrer des temps dédiés au jeu d’imitation dans les programmes scolaires et périscolaires ne serait plus seulement une question de détente, mais une stratégie de santé publique. En effet, en renforçant la résilience émotionnelle des enfants dès leur plus jeune âge, on pourrait potentiellement réduire la prévalence de certains troubles psychologiques à l’adolescence et à l’âge adulte. L’étude rapportée par RFI ouvre donc une piste de réflexion importante pour les professionnels de l’éducation et de la santé, qui pourraient être amenés à repenser l’aménagement des espaces et des temps de jeu pour maximiser ces bénéfices.

Conclusion (2-3 phrases) : Alors que la santé mentale des jeunes générations est devenue une préoccupation majeure, cette étude rappelle que des solutions simples et naturelles existent déjà dans le quotidien des enfants. Encourager les jeux de rôle, de la dînette au docteur, ne serait pas anodin : il s’agirait d’investir dans un développement émotionnel solide. Reste à voir comment ces conclusions seront intégrées dans les pratiques éducatives et parentales pour en maximiser l’impact préventif.