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«Jetés à la cave en cas d’abstention»: dans les territoires ukrainiens occupés, les élections russes riment avec coercition

Monde · · Par Claire BERNARD

«Jetés à la cave en cas d’abstention»: dans les territoires ukrainiens occupés, les élections russes riment avec coercition

## Élections russes dans les territoires occupés : un scrutin sous contrainte Les élections législatives russes, qui se sont tenues du 17 au 20 septembre, marqu

## Élections russes dans les territoires occupés : un scrutin sous contrainte Les élections législatives russes, qui se sont tenues du 17 au 20 septembre, marquent une étape inédite depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022. Pour la première fois, le scrutin s'est déroulé dans quatre régions ukrainiennes partiellement occupées et illégalement annexées par Moscou en 2022 : Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson. Selon les informations rapportées par RFI, neuf circonscriptions y ont été créées afin d'envoyer à la Douma autant de députés censés représenter ces territoires. Un scrutin organisé, selon la même source, dans un climat de menaces et de coercition. ## Un cadre électoral imposé par Moscou L'organisation de ces élections dans les territoires occupés s'inscrit dans une logique d'intégration administrative forcée engagée depuis les annexions autoproclamées de septembre 2022. Ces annexions n'ont été reconnues ni par l'Ukraine, ni par l'Organisation des Nations unies, ni par la majorité de la communauté internationale. La création de neuf circonscriptions électorales dans ces zones pourrait constituer, selon plusieurs observateurs, une tentative de normalisation juridique d'une situation de fait contestée. En effet, la participation de ces territoires au processus législatif russe viserait à ancrer leur rattachement dans les institutions de la Fédération de Russie, alors même que les combats se poursuivent sur une partie de ces territoires. ## Des pressions documentées sur les électeurs D'après les éléments relayés par RFI, le vote se serait déroulé sous la contrainte. Le titre même de l'enquête évoque des personnes « jetées à la cave en cas d'abstention », suggérant que le refus de participer au scrutin pourrait entraîner des mesures de rétorsion. Ces pratiques, si elles étaient confirmées, s'inscriraient dans un contexte plus large de pression sur les populations vivant sous contrôle russe, notamment dans les zones frontalières où les évacuations et les déplacements forcés ont été signalés à plusieurs reprises depuis 2022. Les autorités ukrainiennes dénoncent régulièrement ces procédés, qu'elles qualifient de violation du droit international humanitaire. ## Un scrutin aux enjeux multiples pour le Kremlin Au-delà de la dimension symbolique, ces élections revêtent une portée politique pour Moscou. Elles permettraient, selon plusieurs analystes, de légitimer auprès de l'opinion intérieure russe l'idée d'une intégration réussie des territoires conquis. Toutefois, la faible crédibilité internationale d'un tel processus, dénoncé par Kiev et ses alliés, pourrait limiter sa portée réelle. Par ailleurs, la tenue de ce scrutin dans un contexte de guerre active soulève des questions sur la sincérité du vote et sur la représentativité des élus qui en seront issus. ## Une portée juridique et diplomatique incertaine La Douma issue de ce scrutin comptera donc, en principe, des députés élus dans des circonscriptions situées sur des territoires que la communauté internationale continue de considérer comme ukrainiens. Cette situation pourrait alimenter de nouvelles tensions diplomatiques, notamment dans les instances onusiennes. Elle pose également la question du statut juridique de ces élus et de leur reconnaissance par les autres parlements. À ce stade, aucune capitale occidentale n'a annoncé son intention de reconnaître la légitimité de ces élections dans les zones concernées, ce qui laisse entrevoir une nouvelle séquence de contestation sur la scène internationale.