Jérôme Fourquet : « Massification, abandon, pulsion... Radiographie psychique du mouvement lycéen »

## Radiographie d'une colère lycéenne : ce que révèle le mouvement d'octobre Les mobilisations lycéennes qui ont secoué la France début octobre 2026 présentent
## Radiographie d'une colère lycéenne : ce que révèle le mouvement d'octobre
Les mobilisations lycéennes qui ont secoué la France début octobre 2026 présentent un profil singulier. Selon l'analyse publiée par Le Figaro le 10 octobre 2026, sous la plume du politologue Jérôme Fourquet, ces rassemblements ne s'inscrivent pas dans la lignée classique des mouvements scolaires, marqués par la contestation d'un texte précis. Ils traduiraient, selon l'auteur, une bascule anthropologique et psychique plus profonde, qu'il documente dans un ouvrage co-écrit avec le psychologue et psychanalyste Ruben Rabinovitch.
## Une mobilisation sans mot d'ordre unique
D'après l'analyse de Jérôme Fourquet, le mouvement d'octobre 2026 se distingue d'abord par son ampleur et par l'absence d'un objet unique de contestation. Là où les mobilisations de 2005 contre la loi Fillon, ou de 2006 contre le Contrat Première Embauche, se structuraient autour du retrait d'un dispositif législatif identifié, les revendications actuelles apparaissent éclatées. Sont évoqués, selon Le Figaro, le mauvais état de certains établissements, les postes d'enseignants non pourvus, les emplois du temps à rallonge et l'angoisse générée par le dispositif Parcoursup. Cette dispersion des griefs constituerait, selon l'auteur, un indicateur d'un rapport modifié à l'action collective.
## Massification, abandon, pulsion : trois clés de lecture
Dans son ouvrage *Homo occidentalis*, Jérôme Fourquet décrit une transformation des ressorts psychiques de la mobilisation. Trois notions structurent cette grille : la massification, l'abandon et la pulsion. La massification renverrait à une mobilisation qui ne se pense plus comme minorité agissante mais comme expression d'un ressenti partagé à grande échelle. L'abandon traduirait, selon cette lecture, un sentiment de délaissement institutionnel, notamment dans un contexte où, comme l'observe l'auteur, la priorité budgétaire a été donnée aux retraites dans une France vieillissante, au détriment d'autres secteurs. La pulsion, enfin, désignerait une expression plus immédiate et moins médiatisée par les organisations traditionnelles.
## Un contexte démographique et budgétaire structurant
Cette radiographie s'inscrit dans un contexte plus large. Selon l'analyse du Figaro, la structure démographique française — marquée par le vieillissement de la population — oriente les arbitrages publics vers les dépenses liées à la retraite, réduisant la marge disponible pour d'autres postes. Ce déséquilibre pourrait alimenter, chez une partie de la jeunesse scolarisée, le sentiment d'une moindre priorité accordée à ses conditions d'études. Les images de CRS face à des manifestants, le 6 octobre 2026 à Paris, illustrent la tension entre expression juvénile et maintien de l'ordre, sans que le cadre du mouvement se réduise à une opposition binaire.
## Une lecture à confirmer dans la durée
L'interprétation proposée par Jérôme Fourquet demeure une analyse, et non un constat établi. Elle invite, selon Le Figaro, à lire les mobilisations lycéennes comme un révélateur des transformations psychiques et sociales de l'Occident contemporain, plutôt que comme un simple épisode de contestation scolaire. Reste à observer si cette configuration — revendications diffuses, dimension pulsionnelle affirmée — se reproduira lors des prochains mouvements, ou si elle constitue un épisode circonstanciel dont la portée restera à mesurer.