Onyx Infos

Jean-Christophe Lambert (Ascendance Flight Technologies) : Ascendance veut décarbonner l'aviation - 15/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Jean-Christophe Lambert (Ascendance Flight Technologies)  : Ascendance veut décarbonner l'aviation - 15/06

Décarboner l’aviation : la promesse technologique d’Ascendance Flight Technologies Alors que l’industrie aéronautique cherche des solutions pour réduire son emp

Décarboner l’aviation : la promesse technologique d’Ascendance Flight Technologies

Alors que l’industrie aéronautique cherche des solutions pour réduire son empreinte carbone, la start-up toulousaine Ascendance Flight Technologies affiche une ambition claire : proposer des avions hybrides-électriques capables de diviser par cinq les émissions de CO₂ par rapport aux appareils conventionnels. Son cofondateur et président, Jean-Christophe Lambert, a détaillé le 15 juin sur BFM Business la feuille de route de cette jeune pousse, qui vise une entrée en service commercial d’ici la fin de la décennie. Un pari technologique et industriel qui s’inscrit dans une compétition mondiale pour l’aviation verte.

Un moteur hybride pour une rupture technologique

### Une architecture inédite

Ascendance Flight Technologies développe un système de propulsion baptisé « ATEA », qui combine un moteur électrique et un turbogénérateur fonctionnant au biocarburant ou à l’hydrogène. Selon Jean-Christophe Lambert, cette architecture permet de réduire la consommation de carburant de 50 % à 80 % par rapport à un avion de même catégorie. Le prototype, un aéronef de neuf places destiné au transport régional, devrait effectuer son premier vol d’essai en 2025. La start-up, fondée en 2018, compte déjà une centaine de salariés et a levé plusieurs dizaines de millions d’euros auprès d’investisseurs privés et de fonds régionaux.

### Un calendrier serré

L’objectif affiché est une certification auprès de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) d’ici 2027, suivie d’une mise en service commerciale en 2029. Jean-Christophe Lambert a reconnu que le chemin est « semé d’embûches techniques et réglementaires », mais il mise sur la maturité des batteries et des moteurs électriques pour tenir les délais. La start-up prévoit de produire ses premiers appareils en série dans une usine dédiée en Occitanie, région qui concentre déjà un écosystème aéronautique dense.

Un enjeu de souveraineté industrielle

### La compétition européenne et mondiale

Dans un secteur dominé par les géants Boeing et Airbus, plusieurs start-up européennes — comme Heart Aerospace en Suède ou Eviation aux États-Unis — se positionnent sur le créneau de l’aviation électrique ou hybride. Ascendance Flight Technologies se distingue par son choix de l’hybride plutôt que du 100 % électrique, ce qui lui confère une autonomie plus longue (environ 400 kilomètres) et une flexibilité d’usage pour les liaisons régionales. Jean-Christophe Lambert a souligné que la France dispose d’un « avantage compétitif indéniable » grâce à ses compétences en aéronautique et en électronique de puissance.

### Des défis à surmonter

Parmi les obstacles techniques, la gestion thermique des batteries et la certification des systèmes hybrides figurent en tête de liste. La start-up travaille avec des laboratoires de recherche comme l’ONERA et l’ISAE-Supaéro pour valider ses technologies. Par ailleurs, le coût unitaire de l’appareil, estimé à environ 4 millions d’euros, devra être compétitif face aux avions à turbine classiques. Jean-Christophe Lambert a indiqué que les premières commandes, émanant de compagnies régionales et de sociétés de taxi aérien, sont déjà enregistrées, sans en préciser le nombre.

Vers une aviation décarbonée : pari réaliste ou utopie ?

La promesse d’Ascendance Flight Technologies repose sur une hypothèse forte : que les infrastructures au sol (bornes de recharge, production d’hydrogène vert, etc.) suivent le rythme de l’innovation aéronautique. Jean-Christophe Lambert a reconnu que « sans un effort coordonné des pouvoirs publics et des énergéticiens, le déploiement sera plus lent ». À l’horizon 2035, la start-up espère avoir déployé une flotte de plusieurs centaines d’appareils, principalement sur des lignes régionales en Europe et en Amérique du Nord. Si le chemin reste long, l’entretien du 15 juin sur BFM Business confirme que la décarbonation de l’aviation n’est plus une simple promesse de salon : elle devient un chantier industriel concret, porté par des entrepreneurs qui misent sur l’hybride pour faire décoller la transition.