"Je ne veux pas embêter Total": Serge Papin est satisfait du plafonnement des prix appliqué par le groupe pétrolier et ne souhaite pas lui demander davantage en le menaçant

## Serge Papin défend le plafonnement de TotalEnergies face aux appels à une taxation accrue Le débat sur les marges des groupes pétroliers refait surface à l'A
## Serge Papin défend le plafonnement de TotalEnergies face aux appels à une taxation accrue
Le débat sur les marges des groupes pétroliers refait surface à l'Assemblée nationale, mais le ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat affiche une position singulière. Invité sur RMC et BFMTV, Serge Papin a clairement pris la défense de TotalEnergies, alors que la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale entame ce mardi une nouvelle "mission flash" destinée à faire la transparence sur les prix des carburants.
## Un soutien assumé au dispositif de plafonnement
Le ministre ne cache pas son choix. "Je n'ai pas envie d'embêter Total. Aujourd'hui on fait front commun", a-t-il déclaré sur les antennes de RMC et BFMTV. Une formule qui tranche avec les nombreuses voix réclamant une taxation plus lourde du géant pétrolier. Serge Papin préfère valoriser l'effort déjà consenti par le groupe : "Ce que je souhaite, c'est que Total continue pendant cette période de crise à plafonner son prix à 2,25 euros pour le gazole et 1,99 euro pour le sans-plomb. Ça me va."
Le dispositif en question n'est pas nouveau. Depuis plusieurs mois, TotalEnergies plafonne effectivement les prix dans ses stations-service françaises. Le ministre souhaite simplement que cette politique se poursuive tant que la crise énergétique perdure.
## Un écart de prix significatif à la pompe
Les chiffres avancés par le ministre illustrent l'enjeu. Mardi, le litre de gazole atteignait en moyenne 2,34 euros, tandis que celui du SP 95 s'établissait à 2,11 euros. Le plafond appliqué par TotalEnergies à 2,25 euros pour le gazole et 1,99 euro pour le sans-plomb représente donc un différentiel notable pour les automobilistes.
Serge Papin insiste toutefois sur une précision importante : le groupe pétrolier n'applique ce dispositif "qu'en France". Une manière de souligner que l'effort consenti par TotalEnergies reste circonscrit au territoire national, sans équivalent dans ses autres marchés.
## La question des marges des raffineurs en filigrane
Cette prise de position intervient dans un contexte tendu. La commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale lance ce mardi une nouvelle "mission flash" pour examiner la transparence des prix des carburants. Les raffineurs sont notamment soupçonnés d'avoir vu leurs marges exploser de manière disproportionnée ces derniers mois.
Face à ces suspicions, le ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat choisit donc la coopération plutôt que la confrontation. Une approche qui pourrait susciter des critiques, alors que les appels à une contribution exceptionnelle des groupes pétroliers se multiplient dans le débat public.
## Une position qui interroge l'équilibre entre dialogue et régulation
La stratégie défendue par Serge Papin repose sur l'idée qu'un climat de confiance avec les acteurs privés produit de meilleurs résultats qu'une menace fiscale. Reste à savoir si cette logique suffira à répondre aux attentes des consommateurs, confrontés à des prix à la pompe toujours élevés.
Le ministre mise sur la continuité du plafonnement plutôt que sur une intervention plus coercitive. Une position qui devra être évaluée à l'aune des conclusions de la mission parlementaire sur les marges des raffineurs, dont les travaux pourraient rebattre les cartes du débat.