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«Je vais le tuer» : au procès Le Priol, les témoins décisifs du «Mabillon» nourrissent le débat sur la préméditation de l’assassinat d’Aramburu

Une · · Par Claire BERNARD

«Je vais le tuer» : au procès Le Priol, les témoins décisifs du «Mabillon» nourrissent le débat sur la préméditation de l’assassinat d’Aramburu

Le procès de Loïk Le Priol, de Romain Bouvier et de Lyson R. devant la cour d’assises de Paris est entré, ce 16 septembre 2026, dans une phase décisive. La ques

Le procès de Loïk Le Priol, de Romain Bouvier et de Lyson R. devant la cour d’assises de Paris est entré, ce 16 septembre 2026, dans une phase décisive. La question de la préméditation de l’assassinat de Federico Aramburu, ancien international argentin de rugby, survenu dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, est au cœur des débats. Selon les comptes rendus d’audience rapportés par Le Figaro, les témoignages des employés et des clients du bar « Le Mabillon », situé dans le 6e arrondissement de la capitale, nourrissent cette interrogation centrale. ## Une altercation initiale au Mabillon Les faits remontent à cette nuit de mars 2022. Une première bagarre éclate à la terrasse de l’établissement parisien entre Federico Aramburu et Shaun Hegarty, d’un côté, et Loïk Le Priol et Romain Bouvier, de l’autre. Selon les dépositions recueillies, cette empoignade initiale constitue le point de départ d’une séquence qui allait se révéler fatale. Après cet échange de coups, Loïk Le Priol aurait quitté les lieux à pied sur le boulevard, tandis que Romain Bouvier montait dans la jeep conduite par Lyson R. Les coups de feu sont tirés quelques minutes plus tard, plus loin sur le boulevard Saint-Germain. ## Des témoins directs de la scène L’intérêt des témoignages des serveurs et des clients du Mabillon réside dans leur capacité à éclairer l’état d’esprit des accusés au moment où ils ont quitté la terrasse. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, ces témoins étaient présents lors de la rixe et certains ont entendu les tirs qui ont suivi. Aucun d’entre eux n’aurait toutefois assisté directement à la scène de tir elle-même, ce qui place leur contribution au cœur d’un faisceau d’indices plutôt que d’une observation directe. La phrase « Je vais le tuer », prêtée à l’un des accusés et rapportée par des témoins, constitue un élément à charge potentiellement déterminant pour caractériser la préméditation. ## L’enjeu juridique de la préméditation La qualification de préméditation revêt une importance capitale dans ce dossier. En droit pénal français, elle distingue l’assassinat du meurtre simple et expose les accusés à la réclusion criminelle à perpétuité. La question posée par la cour est donc la suivante : Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson R. avaient-ils l’intention de retrouver les rugbymen pour les tuer lorsqu’ils ont quitté la terrasse du Mabillon ? Les témoignages des employés et des clients du bar, dont les déclarations sont analysées avec attention, pourraient permettre de reconstituer la chronologie des minutes qui ont précédé le drame et d’établir si une intention homicide préexistait à la rencontre. ## Un procès sous haute attention Le procès, qui se tient devant la cour d’assises de Paris, suscite un intérêt médiatique important, comme en témoigne la présence de croquis d’audience diffusés par l’AFP. Loïk Le Priol, âgé de 32 ans, et Romain Bouvier, 35 ans, comparaissent aux côtés de Lyson R. pour répondre de leurs actes. Les débats devraient se poursuivre dans les jours à venir, avec l’audition d’autres témoins et l’examen des expertises. La décision de la cour dépendra largement de la manière dont les jurés interpréteront la convergence des témoignages du Mabillon et les éléments matériels du dossier. L’issue du procès pourrait ainsi reposer sur la capacité de l’accusation à démontrer que la mort de Federico Aramburu résultait d’une intention préméditée, et non d’une escalation incontrôlée.