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«Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait» : à Fleurance, l’émotion et la colère lors de la marche blanche en hommage à Lyhanna

Une · · Par Claire BERNARD

«Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait» : à Fleurance, l’émotion et la colère lors de la marche blanche en hommage à Lyhanna

« Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait » : à Fleurance, l’émotion et la colère lors de la marche blanche en hommage à Lyhanna Plusieurs milliers

« Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait » : à Fleurance, l’émotion et la colère lors de la marche blanche en hommage à Lyhanna

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies ce dimanche à Fleurance, dans le Gers, pour rendre hommage à Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue le 29 mai et retrouvée morte sur une exploitation agricole à Puycasquier, à une douzaine de kilomètres au sud du village. Tristesse, peur et colère se lisaient sur les visages des participants, venus entourer les parents de l’enfant lors d’une marche blanche empreinte d’une profonde émotion.

Une foule silencieuse pour un dernier adieu

Ce dimanche, à Fleurance, la foule vêtue de blanc a envahi les rues de la ville. La mère de Lyhanna se tenait, digne, aux côtés du père de sa fille, les traits marqués par la douleur. Un petit garçon est venu spontanément l’étreindre, comme pour l’aider à faire les premiers pas de cette funeste marche. « Je n’ai pas la force », lui a-t-elle soufflé d’abord, avant de le prendre dans ses bras. Les proches qui l’entouraient portaient des tee-shirts à l’effigie de la petite fille de 11 ans, sur lesquels figurait en capitales et en lettres rouges l’inscription « Plus jamais ». Derrière la famille de Lyhanna, « la ville, le département, le pays en colère », comme l’a déclaré le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, se sont mis en marche dans un silence lourd. Les élus formaient un cortège, témoignant de la mobilisation collective face à ce drame.

Des interrogations sur le suivi judiciaire

Dans les rangs de cette marche blanche, une question revenait avec insistance : pourquoi la justice n’a-t-elle pas agi plus tôt ? « Je trouve perturbant que la justice n’ait rien fait », a confié un participant au micro du Figaro, résumant le sentiment partagé par une partie de l’assistance. Selon des informations rapportées par nos confrères, des proches de la famille auraient signalé des inquiétudes concernant l’environnement dans lequel évoluait Lyhanna, sans que des mesures de protection aient été prises en amont. Cette absence de réaction institutionnelle alimente une colère sourde, mêlée à l’incompréhension face à un drame qui aurait pu, selon certains, être évité. Les parents de la fillette, soutenus par une foule nombreuse, n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement sur ce point, mais leur présence silencieuse en disait long sur leur détresse.

Un drame qui secoue tout un territoire

La disparition de Lyhanna, le 29 mai, avait immédiatement déclenché une vaste mobilisation des forces de l’ordre et des habitants de Fleurance et des communes alentour. La découverte de son corps, jeudi, sur une exploitation agricole à Puycasquier, a plongé la communauté dans une profonde tristesse. « C’est une tragédie qui nous touche tous », a déclaré le maire Grégory Bobbato, appelant à l’unité et au respect de l’intimité de la famille endeuillée. Les élus locaux, ainsi que des représentants de la préfecture, ont exprimé leur soutien et promis que toute la lumière serait faite sur les circonstances du décès. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de la mort et identifier les éventuelles responsabilités. Dans l’attente des résultats, la population de Fleurance reste meurtrie, oscillant entre le besoin de réponses et la nécessité de faire son deuil.

Une colère qui interroge les dispositifs de protection

Au-delà de l’émotion légitime, cette marche blanche a mis en lumière des lacunes potentielles dans le système de protection de l’enfance. Plusieurs participants ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de réactivité des autorités judiciaires. « On ne peut pas laisser une enfant de 11 ans sans protection alors que des signaux d’alerte étaient visibles », a déploré une habitante de Fleurance. Ces interrogations, bien que formulées sur un mode émotionnel, renvoient à des enjeux plus larges concernant le suivi des situations de danger signalées aux services sociaux ou à la justice. Selon des sources proches du dossier, citées par Le Figaro, une évaluation des procédures en vigueur dans le département du Gers pourrait être engagée pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. La marche blanche de dimanche pourrait ainsi marquer le début d’une réflexion collective sur la manière dont la société protège ses enfants les plus vulnérables.