« Je suis tellement angoissée que j’en pleure » : ces parents qui refusent de laisser leurs enfants au périscolaire à la rentrée

# « Je suis tellement angoissée que j'en pleure » : ces parents qui refusent de laisser leurs enfants au périscolaire à la rentrée À quelques jours de la rentré
# « Je suis tellement angoissée que j'en pleure » : ces parents qui refusent de laisser leurs enfants au périscolaire à la rentrée
À quelques jours de la rentrée scolaire, une partie des parents français envisage de bouleverser son organisation familiale pour éviter de confier leurs enfants aux activités périscolaires. Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting réalisé pour Le Figaro en mai dernier, 65 % des parents se disent inquiets des risques d'abus sexuels dans ce cadre, un chiffre en nette progression depuis les scandales médiatisés ces derniers mois.
## Une défiance croissante envers les structures d'accueil
Le témoignage de Natalia, 42 ans, résidente des Hauts-de-Seine, illustre cette inquiétude grandissante. Mère d'un garçon qui entrera en petite section de maternelle en décembre, elle a décidé de boycotter l'intégralité du périscolaire : ni cantine, ni goûter, ni activités d'après-midi. « Quand je pense au moment où je vais devoir le laisser, je suis parfois tellement angoissée que j'en pleure », confie-t-elle au Figaro. Cette décision implique des sacrifices conséquents : « J'entame ma dernière année de doctorat. Je vais devoir repousser ma recherche d'emploi de quelques mois, parce que je ne vois pas comment trouver un travail qui me permette de récupérer mon petit garçon à 12 heures », explique-t-elle.
Ce phénomène ne serait pas isolé. Les scandales de violences sexuelles ayant éclaté dans plusieurs établissements scolaires et structures d'accueil ont progressivement érodé la confiance des familles. Les parents concernés évoquent un sentiment d'impuissance face à des dispositifs qu'ils jugent insuffisamment encadrés, notamment concernant la formation du personnel et les procédures de signalement.
## Des réorganisations familiales lourdes de conséquences
Pour ces parents, le refus du périscolaire implique des réaménagements majeurs. Certains réduisent leur temps de travail, d'autres sollicitent les grands-parents ou optent pour des solutions de garde alternatives, souvent plus coûteuses. Les mères semblent particulièrement touchées : dans la majorité des cas rapportés par Le Figaro, ce sont elles qui adaptent leur carrière professionnelle pour assurer la récupération des enfants en milieu de journée.
Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur l'emploi. Les parents contraints de réduire leur disponibilité professionnelle pourraient voir leurs perspectives de carrière compromises, un enjeu d'autant plus préoccupant dans un contexte économique déjà tendu. Par ailleurs, les collectivités locales, responsables de l'organisation du périscolaire, pourraient être confrontées à une baisse de fréquentation susceptible de fragiliser l'équilibre financier de ces dispositifs.
## Un débat plus large sur l'encadrement des activités périscolaires
Au-delà des témoignages individuels, cette défiance interroge les politiques publiques en matière de protection de l'enfance. Les associations de parents d'élèves réclament notamment un renforcement des contrôles, une meilleure formation des animateurs et des procédures de signalement plus réactives. Certaines voix s'élèvent également pour demander une transparence accrue sur les antécédents judiciaires des personnels encadrants.
Les pouvoirs publics, conscients de ces préoccupations, pourraient être amenés à durcir la réglementation applicable aux accueils de loisirs et à la restauration scolaire. Toutefois, aucune annonce officielle n'a été faite à ce stade. La question de l'équilibre entre la nécessité de rassurer les familles et la réalité des moyens alloués aux collectivités demeure entière, alors que les inscriptions périscolaires pour cette rentrée s'annoncent particulièrement scrutées.