"Je suis à la tâche…" : menacé de mort par la "DZ Mafia", le maire d’Alès "au bureau" sous haute protection

Menacé de mort par la "DZ Mafia", le maire d’Alès placé sous haute protection après une alerte imminente Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet, le maire
Menacé de mort par la "DZ Mafia", le maire d’Alès placé sous haute protection après une alerte imminente
Dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet, le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a été exfiltré de son domicile par les forces de l’ordre. Cette mesure d’urgence fait suite à des renseignements signalant un projet d’action violente imminent à son encontre, orchestré selon les premières informations par le groupe criminel dit "DZ Mafia". L’élu, qui a déclaré être "à la tâche", poursuit ses fonctions depuis son bureau sous haute protection.
Une menace crédible et une intervention nocturne
Selon des informations rapportées par Midi Libre, l’alerte aurait été donnée après le recoupement de plusieurs sources de renseignement, indiquant une menace directe et imminente visant la personne du maire. Les services de sécurité auraient alors procédé à son extraction discrète de son domicile alésien, sans que des détails supplémentaires sur la nature exacte de la menace n’aient été divulgués. Christophe Rivenq, qui n’a pas fait de déclaration publique depuis l’incident, aurait toutefois confié à son entourage qu’il restait "à la tâche", suggérant une détermination à ne pas interrompre son mandat malgré les risques.
Le groupe "DZ Mafia", dont le nom évoque une affiliation aux trafics de stupéfiants et aux réseaux criminels marseillais, est régulièrement cité dans des affaires de racket, d’intimidation et de violence. Il pourrait s’agir d’une escalade dans un conflit local, bien que les motivations précises de cette menace n’aient pas encore été confirmées par les enquêteurs. Le ministre de l’Intérieur, contacté par la rédaction, n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources gouvernementales indiquent que la cellule de crise du ministère a été activée.
Un contexte de tensions croissantes pour les élus locaux
Cet événement s’inscrit dans un climat de tensions croissantes visant les élus locaux en France. Depuis plusieurs années, les agressions verbales et physiques contre les maires se multiplient, notamment dans les zones périurbaines et rurales. En 2023, le ministère de l’Intérieur recensait plus de 2 300 atteintes contre des élus, dont une part significative impliquait des menaces de mort. Christophe Rivenq, maire d’Alès depuis 2020, avait déjà été confronté à des incidents liés à la délinquance dans sa commune, mais jamais à un niveau de menace aussi direct et organisé.
La "DZ Mafia", dont les activités sont principalement documentées dans les Bouches-du-Rhône, semble étendre son influence au-delà de son territoire traditionnel. Selon des experts en criminologie interrogés par Midi Libre, cette organisation serait impliquée dans des trafics de stupéfiants et des extorsions, utilisant la violence comme mode opératoire. Le ciblage d’un élu municipal représenterait une escalade significative, visant à intimider les représentants de l’État et à asseoir une forme de contrôle territorial.
Une protection renforcée et une enquête en cours
Depuis l’exfiltration, Christophe Rivenq bénéficie d’une protection rapprochée, avec un dispositif de sécurité renforcé autour de son bureau et de ses déplacements. La police nationale et la gendarmerie ont été mobilisées pour assurer sa sécurité, tandis que le parquet d’Alès a ouvert une enquête pour "menaces de mort en bande organisée et association de malfaiteurs". Les investigations, confiées à la direction interrégionale de la police judiciaire, devraient tenter d’identifier les auteurs et les commanditaires de cette menace.
Par ailleurs, la mairie d’Alès a temporairement renforcé la sécurité de ses locaux et de ses agents, par crainte de répercussions. Les habitants de la commune, interrogés par la presse locale, expriment leur soutien au maire tout en s’inquiétant de l’emprise croissante de la criminalité organisée dans la région. Christophe Rivenq, qui n’a pas prévu de démissionner, continue d’exercer ses fonctions, bien que son agenda public ait été réduit pour des raisons de sécurité.
Perspectives : une vigilance maintenue face à une menace persistante
Alors que l’enquête se poursuit, la menace pesant sur le maire d’Alès soulève des questions sur la capacité des institutions à protéger les élus locaux face à des organisations criminelles structurées. Le ministre de l’Intérieur devrait prochainement s’exprimer sur ce dossier, tandis que des mesures de protection supplémentaires pourraient être envisagées pour d’autres maires potentiellement ciblés. Dans l’immédiat, Christophe Rivenq reste sous haute surveillance, sa détermination à "rester à la tâche" contrastant avec la gravité des risques encourus.