"Je suis choquée" par les propos de Patrick Martin: la tension monte entre Marylise Léon (CFDT) et le président du Medef qui reproche aux syndicats de se "politiser à outrance"

## Tensions croissantes entre la CFDT et le Medef Les relations entre le patronat et les organisations syndicales se dégradent. Marylise Léon, secrétaire généra
## Tensions croissantes entre la CFDT et le Medef
Les relations entre le patronat et les organisations syndicales se dégradent. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, s'est dite « choquée », lundi 28 septembre sur France 2, par les propos tenus quelques jours plus tôt par Patrick Martin, président du Medef, qui accuse la CFDT et la CGT de « se politiser à outrance ».
## Une accusation formulée lors des Rencontres de l'U2P
Jeudi dernier, à l'occasion des Rencontres de l'Union des entreprises de proximité (U2P), Patrick Martin a estimé que les deux principales centrales syndicales françaises franchissaient une ligne. « Chacun a ses valeurs, ses convictions, en tout cas s'il doit y avoir une expression très politique de la part de telle ou telle organisation, il ne faut pas que ça devienne l'alpha et l'oméga de ses travaux », avait-il déclaré, selon des propos rapportés par BFM Business. Le président du Medef entend ainsi marquer une distinction entre le rôle revendicatif des syndicats et ce qu'il considère comme un engagement politique excessif, sans toutefois remettre en cause le principe même du dialogue social.
## Marylise Léon dénonce une « inversion totale »
La réponse de la dirigeante cédétiste n'a pas tardé. Sur le plateau de France 2, Marylise Léon a jugé « très grave qu'un responsable d'une organisation patronale se permette ce type de commentaires, voire d'affirmations ». Elle a surtout dénoncé ce qu'elle qualifie d'« inversion totale » : « reprocher à la CFDT d'être une menace pour la démocratie sociale alors qu'on a une formation politique qui est d'extrême droite et qui n'a qu'une envie, c'est de supprimer les organisations syndicales ». Une manière de renvoyer l'accusation de politisation vers ceux qui, selon elle, menacent l'existence même du dialogue social. Cette sortie s'inscrit dans un contexte où le Rassemblement national a fait de la réduction du poids des corps intermédiaires un axe de son programme.
## Une ligne syndicale assumée et constante
La secrétaire générale de la CFDT défend une position de continuité. Dans les colonnes de La Tribune dimanche, elle avait déjà affirmé que « l'accusation de politisation excessive ne tient pas », rappelant que la CFDT « est constante » et n'a « jamais appelé à voter pour un candidat lors des trente dernières années ». Premier syndicat français, la CFDT applique une ligne claire : ne pas échanger avec les candidats et responsables d'extrême droite. Lors des élections législatives de 2024, elle avait explicitement appelé à faire barrage à l'extrême droite. La CGT, de son côté, refuse également tout échange avec ces formations. Ces positions, revendiquées comme des choix de valeurs, sont précisément ce que le patronat conteste comme débordant du champ strictement social.
## Un enjeu de fond sur la démocratie sociale
Au-delà de l'échange de déclarations, cette passe d'armes illustre une interrogation de fond sur le périmètre légitime de l'action syndicale. Le Medef souhaite cantonner les organisations à la négociation collective, tandis que la CFDT revendique un rôle de vigilance démocratique face à une extrême droite qu'elle perçoit comme une menace pour les contre-pouvoirs. Ce différend intervient à un moment où le climat social reste tendu, et où la confiance entre partenaires sociaux constitue un élément clé de la négociation sur les salaires, l'emploi ou les retraites. Reste à savoir si cette tension restera verbale ou si elle pèsera durablement sur les discussions à venir entre le patronat et les syndicats.