"Je ne pouvais plus entrer dans la baignoire" : Karine raconte comment le Wegovy, enfin remboursé, l’a allégée de 18 kilos

"Je ne pouvais plus entrer dans la baignoire" : Karine raconte comment le Wegovy, enfin remboursé, l’a allégée de 18 kilos Depuis ce lundi 15 juin, le Wegovy, m
"Je ne pouvais plus entrer dans la baignoire" : Karine raconte comment le Wegovy, enfin remboursé, l’a allégée de 18 kilos
Depuis ce lundi 15 juin, le Wegovy, médicament anti-obésité à base de sémaglutide, est officiellement remboursé par l’Assurance maladie en France. Une avancée majeure pour des milliers de patients, dont Karine, une habitante de l’Hérault âgée de 52 ans, qui suit ce traitement depuis trois ans et qui témoigne, dans les colonnes de Midi Libre, de son parcours. Elle raconte comment ce médicament lui a permis de perdre 18 kilos et de retrouver une qualité de vie qu’elle pensait perdue.
Un déclic face à l’obésité sévère
Karine souffrait d’obésité sévère, une pathologie reconnue comme chronique par l’Organisation mondiale de la santé. Son poids, associé à des comorbidités comme l’hypertension et des douleurs articulaires, rendait son quotidien difficile. « Je ne pouvais plus entrer dans la baignoire », confie-t-elle à nos confrères de Midi Libre, illustrant par cette image concrète l’impact de son état sur les gestes les plus simples. C’est dans ce contexte que son médecin traitant lui a prescrit le Wegovy, un analogue du GLP-1 qui agit en ralentissant la vidange gastrique et en augmentant la sensation de satiété. Karine a alors entamé un suivi médical rigoureux, combinant traitement pharmacologique et rééquilibrage alimentaire.
Un traitement sous conditions strictes
Le remboursement du Wegovy, officialisé ce lundi, intervient après un avis favorable de la Haute Autorité de santé (HAS) en janvier 2024. Il est désormais pris en charge à 65 % par l’Assurance maladie pour les patients présentant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 35, associé à au moins une complication liée à l’obésité (diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil). Karine remplit ces critères. Elle souligne toutefois que le traitement n’est pas une solution miracle. « Il ne fait pas tout. Il faut aussi changer ses habitudes », explique-t-elle. Les effets secondaires, notamment nausées et troubles digestifs, ont été présents au début, mais ont diminué avec le temps. Selon des données cliniques, environ 15 % des patients arrêtent le traitement en raison d’effets indésirables.
Des résultats tangibles mais un accès encore limité
Après trois ans sous Wegovy, Karine a perdu 18 kilos, soit près de 15 % de son poids initial. Une perte significative qui a transformé sa mobilité, sa santé et son estime d’elle-même. Elle peut désormais se baigner sans difficulté et a réduit sa consommation d’antihypertenseurs. Cependant, l’accès au médicament reste un enjeu. Le Wegovy, produit par le laboratoire Novo Nordisk, connaît des tensions d’approvisionnement en raison d’une demande mondiale explosive. En France, les prescriptions sont strictement encadrées : seuls les médecins spécialistes en endocrinologie, diabétologie ou nutrition peuvent initier le traitement. Karine a dû attendre plusieurs mois avant d’obtenir son premier renouvellement. Elle espère que le remboursement permettra de fluidifier les stocks, mais les autorités sanitaires restent prudentes.
Un enjeu de santé publique
L’obésité touche près de 17 % de la population adulte en France, selon Santé publique France. Le remboursement du Wegovy marque une reconnaissance de cette maladie comme un problème de santé publique nécessitant une prise en charge médicamenteuse. Karine, qui suit désormais un suivi annuel avec un nutritionniste, estime que ce traitement lui a sauvé la vie. « Sans lui, je serais peut-être en fauteuil roulant aujourd’hui », confie-t-elle. Mais elle insiste sur la nécessité d’un accompagnement global : psychologique, diététique et médical. Le Wegovy, bien que prometteur, n’est qu’un outil dans une stratégie plus large de lutte contre l’obésité. L’avenir dira si ce remboursement permettra de réduire les inégalités d’accès aux soins pour les patients les plus lourdement touchés.