"Je ne peux pas dire aujourd'hui s'il y aura un jour un MGCS": le géant Rheinmetall n'exclut pas un retrait de Paris du char franco-allemand du futur

# MGCS : le patron de Rheinmetall n'exclut pas un retrait français du char du futur Le projet de char franco-allemand MGCS (Main Ground Combat System), censé su
# MGCS : le patron de Rheinmetall n'exclut pas un retrait français du char du futur
Le projet de char franco-allemand MGCS (Main Ground Combat System), censé succéder aux chars Leclerc et Leopard 2 d'ici 2040, traverse une zone de turbulences. Armin Papperger, président du directoire du géant allemand de l'armement Rheinmetall, a confié au journal *Welt am Sonntag* ne pas exclure un retrait de la France du programme. "Le danger est toujours présent, mais rien n'est décidé", a-t-il déclaré, alors que les désaccords entre Paris et Berlin s'accumulent, faisant écho à l'échec du projet d'avion de combat Scaf.
## Un budget français réduit de moitié, selon Rheinmetall
Selon les informations d'Armin Papperger, la France envisagerait de réduire drastiquement son engagement financier dans le MGCS. Le montant alloué par Paris serait "inférieur à la moitié" des prévisions initiales, a-t-il affirmé, tout en nuançant : "Nous n'avons pris aucune décision concernant le budget final." Cette coupe budgétaire potentielle, si elle se confirmait, compromettrait l'avancement du programme. "C'est évidemment très peu d'argent", a souligné le dirigeant, ajoutant que des ressources insuffisantes entraîneraient "la suppression de certaines prestations" et, par conséquent, "de nouveaux retards".
## Des financements déjà jugés insuffisants
Le constat est sévère pour un projet lancé il y a près d'une décennie. À ce jour, les quatre entreprises impliquées — KNDS France, KNDS Allemagne, Rheinmetall et Thales — n'ont perçu que 25 millions d'euros dans le cadre de ce programme. "C'est évidemment très peu d'argent", a insisté Armin Papperger, pointant du doigt la lenteur du processus. "Quand on dispose de moins d'argent, on ne va pas plus vite, et nous sommes déjà très lents", a-t-il déploré. Cette situation rappelle les difficultés rencontrées par le Scaf (Système de combat aérien du futur), autre projet phare de la coopération franco-allemande, dont l'avenir reste incertain.
## Un avenir incertain pour la coopération franco-allemande
Le MGCS et le Scaf, lancés en 2017 sous l'impulsion du président Emmanuel Macron et de la chancelière Angela Merkel, devaient incarner l'excellence de la coopération industrielle entre les deux pays. Mais les divergences stratégiques, les querelles de répartition des tâches et les désaccords budgétaires fragilisent ces ambitions. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et son homologue français, Sébastien Lecornu, s'étaient pourtant rendus ensemble le 24 juillet 2025 sur le site de Rheinmetall pour afficher leur unité. Un geste qui semble aujourd'hui insuffisant pour dissiper les doutes.
## Perspectives : un projet à sauver ou à enterrer
L'avenir du MGCS se joue désormais dans les arbitrages budgétaires des deux capitales. Si la France réduit effectivement sa participation, Berlin pourrait être tenté de poursuivre seul ou avec d'autres partenaires, reléguant Paris au rang de simple observateur. À l'inverse, un sursaut politique et financier pourrait relancer un programme dont l'industrie de défense européenne a besoin pour maintenir sa souveraineté. Mais à ce stade, les déclarations d'Armin Papperger sonnent comme un avertissement : sans engagement clair et massif, le char du futur pourrait bien rester un projet sans avenir.