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« Je n’ai pas le profil d’une prise de guerre, je trace ma route » : le pari de Xavier Bertrand pour s’imposer comme candidat de la droite et du centre

Une · · Par Claire BERNARD

« Je n’ai pas le profil d’une prise de guerre, je trace ma route » : le pari de Xavier Bertrand pour s’imposer comme candidat de la droite et du centre

Alors que les vacances d'été offrent une accalmie politique, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et fondateur de « Nous France », affirme sa singular

Alors que les vacances d'été offrent une accalmie politique, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et fondateur de « Nous France », affirme sa singularité dans la course à la présidentielle. Dans un entretien au Figaro publié le 3 août, il revendique une trajectoire autonome, refusant d'être considéré comme une simple variable d'ajustement dans les négociations entre états-majors. ## Une stratégie d'indépendance assumée « Je n'ai pas le profil d'une prise de guerre, je trace ma route », lance Xavier Bertrand, selon des propos rapportés par Le Figaro. Cette formule, qui pourrait sembler anecdotique, dessine en réalité une stratégie politique clairement assumée à quelques mois de l'échéance présidentielle. Le président de « Nous France » se donne en effet jusqu'à la fin de l'année pour « tester ses idées » et tenter de s'imposer comme le candidat naturel de la droite et du centre. Cette position intervient dans un contexte où, selon des sources proches des Républicains, certains responsables politiques espèrent toujours un ralliement de l'élu nordiste à une candidature unique. Toutefois, l'intéressé semble déterminé à conserver sa liberté de mouvement, refusant de se laisser enfermer dans des logiques d'appareil qu'il n'a cessé de critiquer par le passé. ## Un été de travail sous le signe de la réflexion D'après le récit du Figaro, la trêve estivale de Xavier Bertrand sera toute relative. Si l'homme politique prévoit de lire Marc Aurèle, de pratiquer la marche — activité qu'il présente comme son « truc » — et de passer du temps en famille, son agenda demeure chargé. Les déplacements s'enchaînent effectivement : Lorient dimanche dernier, réunions publiques en Corse et en Corrèze, jusqu'à la traditionnelle Grande Braderie de Saint-Quentin dans l'Aisne prévue en septembre. Cette cadence soutenue témoigne d'une volonté de présence sur l'ensemble du territoire, bien au-delà de ses terres d'élection des Hauts-de-France. Elle traduit également une conception de la politique fondée sur le contact direct avec les citoyens, loin des seules tractations de couloirs. Le choix de destinations variées — littoral breton, île de Beauté, plateau corrézien — pourrait refléter une stratégie de conquête d'électorats diversifiés. ## Les fragilités d'une position inconfortable Cependant, la posture de Xavier Bertrand comporte des risques. En refusant de se positionner clairement dans le jeu des alliances, l'ancien ministre de la Santé s'expose à une double difficulté. D'une part, il pourrait se voir marginalisé si une candidature unique émergeait sans lui ; d'autre part, son maintien dans la course pourrait être perçu comme un facteur de division au sein d'une droite déjà fragilisée par les échecs électoraux récents. Par ailleurs, la question du financement et des soutiens politiques demeure centrale. Selon des informations rapportées par Le Figaro, l'article original — réservé aux abonnés — développe ces aspects en profondeur, mais les éléments disponibles suggèrent que le chemin vers une candidature crédible reste semé d'obstacles. La décision finale, attendue d'ici la fin de l'année, devra arbitrer entre ambition personnelle et intérêt collectif. ## Un pari sur la durée et la conviction En définitive, le pari de Xavier Bertrand repose sur une conviction : celle que les Français aspirent à une offre politique authentique, dégagée des compromis d'appareil. Sa référence à Marc Aurèle, philosophe stoïcien, n'est probablement pas anodine ; elle évoque une forme de constance et de résistance aux pressions extérieures. Reste à savoir si cette ligne de conduite trouvera un écho suffisant dans l'opinion pour transformer l'essai lors des prochaines échéances électorales.