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«Je n’ai jamais vu ça» : au CHU de Bordeaux, on pousse les murs pour accueillir les patients et résidents d’Ehpad naufragés du feu

Une · · Par Claire BERNARD

«Je n’ai jamais vu ça» : au CHU de Bordeaux, on pousse les murs pour accueillir les patients et résidents d’Ehpad naufragés du feu

# «Je n’ai jamais vu ça» : au CHU de Bordeaux, on pousse les murs pour accueillir les patients et résidents d’Ehpad naufragés du feu La saison des incendies est

# «Je n’ai jamais vu ça» : au CHU de Bordeaux, on pousse les murs pour accueillir les patients et résidents d’Ehpad naufragés du feu La saison des incendies estivaux a frappé durement le sud-ouest de la France, contraignant plusieurs établissements de soins et d’accueil de personnes dépendantes à évacuer leurs résidents dans l’urgence. Face à cette situation inédite, le CHU de Bordeaux a dû faire preuve d’une agilité organisationnelle exceptionnelle pour absorber cet afflux de patients vulnérables, selon des informations rapportées par *Le Figaro*. ## Une mobilisation sans précédent face aux flammes Selon des sources hospitalières citées par le quotidien, plusieurs Ehpad et structures médicalisées situées en Gironde et dans les départements voisins ont été directement menacés par les incendies qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêt cet été. Les équipes du SAMU, des pompiers et des services d’urgence ont dû coordonner des évacuations massives, parfois en pleine nuit, pour mettre en sécurité des personnes âgées, dépendantes ou alitées. Le CHU de Bordeaux, en tant que centre hospitalier de référence pour la région, a été sollicité en renfort pour accueillir ces « naufragés du feu », selon l’expression employée par les soignants. « Je n’ai jamais vu ça », aurait confié un médecin urgentiste du CHU, cité par *Le Figaro*, soulignant le caractère inédit de la situation. En effet, d’après des témoignages recueillis sur place, l’établissement a dû activer son plan blanc, un dispositif de gestion de crise habituellement réservé aux attentats ou aux catastrophes naturelles majeures. Les services de gériatrie, de médecine interne et les urgences ont été réorganisés en quelques heures pour libérer des lits et créer des espaces d’accueil temporaires. ## Des moyens humains et logistiques poussés à l’extrême Pour faire face à cet afflux, le CHU de Bordeaux aurait notamment mobilisé des équipes supplémentaires, rappelé du personnel en congé et redéployé des ressources depuis d’autres services moins sollicités. Selon des informations non officielles, ce sont plusieurs dizaines de résidents d’Ehpad et de patients hospitalisés qui auraient été transférés vers l’hôpital bordelais en l’espace de quelques jours. Certains d’entre eux présentaient des pathologies lourdes, nécessitant une prise en charge immédiate et spécialisée, ce qui a accru la pression sur les équipes soignantes. « On a poussé les murs », aurait résumé un cadre de santé interrogé par *Le Figaro*, illustrant la capacité de l’établissement à s’adapter à une situation de crise. Des lits supplémentaires auraient été installés dans des salles de réunion ou des espaces de consultation transformés en chambres provisoires. Par ailleurs, des conventions d’hébergement temporaire auraient été signées avec d’autres structures médicalisées de la métropole bordelaise pour répartir la charge. Cette coordination inter-établissements, bien que rodée sur le papier, aurait été mise à l’épreuve de manière concrète et intense. ## Des conséquences durables sur le système de soins régional Au-delà de la gestion immédiate de la crise, cet épisode pourrait avoir des répercussions durables sur l’organisation des soins dans la région. En effet, selon des experts en santé publique interrogés par *Le Figaro*, la multiplication des feux de forêt liée au changement climatique pourrait rendre ces évacuations plus fréquentes à l’avenir. Le CHU de Bordeaux, comme d’autres établissements de la façade atlantique, pourrait être amené à revoir ses protocoles d’urgence et à renforcer ses capacités d’accueil temporaire. Par ailleurs, cet événement met en lumière la fragilité des Ehpad et des structures pour personnes âgées face aux risques naturels. D’après des associations de défense des résidents, plusieurs établissements situés en zone forestière ne disposeraient pas de plans d’évacuation suffisamment détaillés ou de moyens de transport adaptés pour évacuer rapidement des personnes à mobilité réduite. Des voix s’élèvent pour demander un renforcement des normes de sécurité incendie dans ces structures, ainsi qu’une meilleure intégration des risques climatiques dans leur implantation géographique. Enfin, cet épisode a également mis en lumière la résilience et le dévouement du personnel soignant, qui a su, dans des conditions extrêmes, assurer la continuité des soins tout en accueillant des patients déracinés. Si le CHU de Bordeaux a démontré sa capacité à « pousser les murs », la question de la soutenabilité de tels efforts à long terme reste posée, d’autant plus que les tensions sur les effectifs hospitaliers ne sont pas près de s’apaiser. L’été prochain, les regards seront tournés vers les mêmes zones, dans l’espoir que la prévention et l’anticipation permettront d’éviter de nouvelles évacuations de cette ampleur.