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«Je me tiens devant vous en homme libre»: Emmanuel Moulin défend son indépendance pour diriger la Banque de France

Une · · Par Claire BERNARD

«Je me tiens devant vous en homme libre»: Emmanuel Moulin défend son indépendance pour diriger la Banque de France

«Je me tiens devant vous en homme libre»: Emmanuel Moulin défend son indépendance pour diriger la Banque de France Alors que sa nomination à la tête de la Banqu

«Je me tiens devant vous en homme libre»: Emmanuel Moulin défend son indépendance pour diriger la Banque de France

Alors que sa nomination à la tête de la Banque de France suscite des interrogations quant à son lien présumé avec le pouvoir exécutif, l’ancien secrétaire général de l’Élysée a tenté de lever les doutes ce mercredi devant les parlementaires. Emmanuel Moulin, auditionné successivement par la commission des Finances du Sénat puis par celle de l’Assemblée nationale, a promis d’exercer ses futures fonctions « en toute indépendance », balayant les critiques sur sa proximité avec Emmanuel Macron.

Selon des informations rapportées par Le Figaro, Emmanuel Moulin a déclaré devant les sénateurs : « Je me tiens donc devant vous en homme libre, en homme du service public qui sert l’État depuis 30 ans et qui s’engage à exercer ses fonctions en toute indépendance, en toute impartialité. » Cette déclaration visait à répondre directement aux craintes exprimées par plusieurs élus, qui redoutent que son parcours au plus haut niveau de l’État ne compromette la nécessaire autonomie de l’institution monétaire.

L’ancien directeur du Trésor, âgé de 57 ans, a insisté sur la constance de son engagement. « Jamais je n’ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser, ni mon indépendance. J’ai exercé mes fonctions sous différents gouvernements avec pour constante boussole l’intérêt général », a-t-il ajouté. Un argument destiné à démontrer que sa carrière ne se résume pas à une allégeance à un seul homme ou à une seule majorité.

Interrogé plus directement sur le fait d’être considéré comme « un fidèle » d’Emmanuel Macron, Emmanuel Moulin a répondu : « Je ne pense pas que ma carrière soit uniquement liée à celle du président actuel. » Une précision d’autant plus nécessaire que son parcours — secrétaire général de l’Élysée, directeur de cabinet du Premier ministre, directeur du Trésor — le lie étroitement à l’exécutif depuis plusieurs années.

La procédure de nomination à la tête de la Banque de France requiert l’avis des commissions des Finances des deux chambres. Si celles-ci venaient à rejeter la candidature, le président de la République pourrait néanmoins maintenir sa proposition, mais une telle situation serait politiquement délicate. Le suspense reste donc entier sur la validation de cette nomination, alors que l’indépendance de la Banque centrale est un principe fondamental pour la crédibilité de la politique monétaire française et européenne.

Les auditions d’Emmanuel Moulin interviennent dans un contexte où la transparence et l’éthique des nominations aux postes clés de l’État sont régulièrement questionnées. Les parlementaires, de tous bords, ont multiplié les questions sur les conflits d’intérêts potentiels et les garanties d’autonomie vis-à-vis du pouvoir politique.

Emmanuel Moulin a ainsi tenté de convaincre que son expérience du service public, loin d’être un handicap, constituait un atout pour diriger une institution qui doit conjuguer indépendance et ancrage dans les réalités économiques du pays. Reste à savoir si ses arguments auront suffi à dissiper les réserves des sénateurs et des députés, dont l’avis pourrait sceller l’avenir de sa candidature.