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"Je me grattais jusqu’au sang" : atteint d’eczéma depuis sa naissance, Hippolyte raconte 29 ans de démangeaisons et de regards

Une · · Par Claire BERNARD

# "Je me grattais jusqu'au sang" : atteint d'eczéma depuis sa naissance, Hippolyte raconte 29 ans de démangeaisons et de regards À l'occasion de la Journée nati

# "Je me grattais jusqu'au sang" : atteint d'eczéma depuis sa naissance, Hippolyte raconte 29 ans de démangeaisons et de regards À l'occasion de la Journée nationale de l'eczéma, célébrée ce samedi 6 juin, la parole est donnée à ceux qui vivent quotidiennement avec cette maladie chronique encore mal comprise. Hippolyte, Montpelliérain de 29 ans, a accepté de témoigner auprès de Midi Libre pour décrire trois décennies de souffrance silencieuse, entre crises intenses et stigmatisation sociale. ## Une maladie invisible mais omniprésente Selon les informations rapportées par Midi Libre, Hippolyte souffre d'eczéma depuis sa naissance, ce qui représente 29 années de démangeaisons parfois insoutenables. "Je me grattais jusqu'au sang", confie-t-il, décrivant des crises nocturnes qui perturbent son sommeil et laissent des traces visibles sur sa peau. La dermatite atopique, également appelée eczéma atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui toucherait environ 2,5 millions d'adultes en France, selon les estimations de l'Association française de l'eczéma. Le témoignage d'Hippolyte illustre la réalité souvent minimisée de cette pathologie : contrairement à certaines idées reçues, l'eczéma ne se limite pas à une simple sécheresse cutanée ou à des rougeurs passagères. Il s'agit d'une affection systémique qui peut entraîner des douleurs intenses, des infections secondaires liées au grattage répété, et un impact psychologique significatif. Le patient montpelliérain évoque notamment les nuits hachées par les démangeaisons, un phénomène fréquent chez les personnes atteintes de formes sévères. ## Le poids du regard des autres Au-delà de la souffrance physique, Hippolyte raconte également le poids des regards et des jugements. "Les gens pensent parfois que c'est contagieux", explique-t-il, décrivant une méconnaissance générale de la maladie qui conduit à des situations d'isolement social. Cette dimension psychologique est pourtant centrale dans la prise en charge de l'eczéma : selon plusieurs études citées par des dermatologues, près de 30 % des patients adultes atteints de dermatite atopique modérée à sévère présenteraient des symptômes dépressifs. Le témoignage d'Hippolyte rejoint celui de nombreux patients qui décrivent un parcours médical parfois complexe, entre errances diagnostiques, traitements inefficaces et effets secondaires des corticostéroïdes utilisés pour calmer les poussées. La Journée nationale de l'eczéma vise précisément à briser ces tabous et à informer le grand public sur la réalité de cette maladie. ## Des avancées thérapeutiques récentes Ces dernières années, des progrès significatifs ont été réalisés dans la prise en charge de l'eczéma sévère. De nouvelles thérapies ciblées, notamment les biothérapies et les inhibiteurs de Janus kinase (JAK), ont montré une efficacité notable chez les patients résistants aux traitements conventionnels. Cependant, leur accès reste encadré et leur coût élevé limite leur prescription aux formes les plus graves. Pour Hippolyte, comme pour des milliers de patients, l'enjeu est double : médical d'abord, pour mieux contrôler les symptômes, mais aussi social, pour changer le regard porté sur cette maladie. La Journée nationale de l'eczéma, organisée chaque année par l'Association française de l'eczéma, propose des actions de sensibilisation dans toute la France, avec des conférences, des ateliers et des consultations gratuites. Alors que la recherche progresse, le témoignage d'Hippolyte rappelle que derrière chaque cas d'eczéma se cache une histoire personnelle faite de douleur, de résilience et d'espoir. La reconnaissance de cette maladie comme un véritable enjeu de santé publique pourrait, à terme, améliorer la qualité de vie des millions de Français qui en souffrent au quotidien.